[Critique Cinéma] Valérian et la Cité des mille planètes : Je t’aime, moi non plus

Basée sur la BD de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, la licence Valérian est connue pour avoir inspiré de nombreuses imaginations cinématographiques, telle que celle de George Lucas pour la création de Star Wars.

Envieux de rendre hommage à ce premier amour fictionnel, Luc Besson s’est enfin donné les moyens financiers (200 millions d’euros, le plus gros budget pour un film Français) d’adapter Valérian pour chercher à asticoter les rois du box office, Star Wars et autres Gardiens de la Galaxie, et réclamer la paternité d’un cinéma de science-fiction trop souvent méprisé au pays des amateurs de camembert et de Kev Adams…

Ground Control to Major Tom

Agents spatio-temporel humains, Valérian et Laureline doivent éclaircir un complot au sein même de la cité des mille planètes, station spatiale d’échanges politiques, économiques et culturels entre les différentes races de la Galaxie.

Je t’aime, moi non plus

Le rapport d’amour conflictuel entre le public et Luc Besson est un cas d’école. Capable du meilleur comme du pire, on a trop souvent tendance à oublier que ce frenchie a toujours affiché une volonté de surprendre, d’innover et de proposer du grand spectacle à un pays se satisfaisant de films d’auteurs à petit budget ou de grosses comédies difficilement exportables. Luc Besson, c’est l’histoire d’une ambition, celle de donner au cinéma Français un nouveau genre plus universel, capable de rivaliser avec ce que Hollywood peut offrir.

Dans cette optique, Valérian et la Cité des mille planètes est une oeuvre terriblement Bessonienne. Avec ses qualités et ses défauts, ce qui ne l’empêche pas d’être louable. Après tout, il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne font pas d’erreurs. Et même si Valérian fait des erreurs, inhérentes à son réalisateur (le scénario), il réussit aussi et surtout de nombreux points qui font de ce film un véritable ovni dans la création cinématographique Française et qui se soutient, en vue d’une amélioration des dits défauts, pour une suite.

Car oui, le scénario est comme les 99% de la filmographie de Luc Besson, mauvais. Entre la difficulté de lier les étapes vers un tout scénaristique, l’absence de construction des personnages pour n’en faire que les objets d’une romance, l’assistanat de réalisation nous révélant l’identité et les « subtilités » du plan du super vilain dès sa première apparition, autant vous dire que ce n’est pas ça qui va nous coller à notre siège. C’est d’autant plus frustrant qu’un défaut aussi connu devrait être, depuis le temps, gommé par un travail en collaboration avec d’autres scénaristes, capables de faire du brouillon de script de Besson, une véritable épopée. Ce n’est pas le cas, les amateurs des soeurs (frères ?) Wachowski, passez votre chemin.

Mais où est ce qu’il a appris à négocier ?

Cependant Valérian est aussi et surtout la consécration de la faculté de Luc Besson à inventer des univers cohérents et graphiquement enchanteurs. Que les déçus de Star Wars 7 se rassurent, ici vous ne voyagerez pas entre la Tunisie et la Nouvelle Zélande, mais bien au travers des différents quartiers de la cité des mille planètes via différentes étapes initiatiques qui réussissent à happer le spectateur dans un monde avec ses règles, ses races, ses technologies, sa politique… etc.

Le film offre un nombre d’effets visuels conséquents et tout réussit à bâtir une cohérence graphique plaisante et dépaysante avec ses fulgurances de mise en scène (la course poursuite entre deux dimensions ou la traversée de la cité), toujours au profit d’une vraie lisibilité de l’action.

A la manière d’un Avatar, Valérian s’inscrit dans cette volonté de construire un univers extraordinaire, au détriment d’une histoire surprenante. Et pour peu qu’on accepte la pauvreté scénaristique et qu’on se laisse embarquer dans le voyage de cette attraction haute en couleurs, on passe un excellent voyage au rythme des aventures de ces deux explorateurs dans la psyché mélangée de Luc Besson, Pierre Christin et Jean-Claude Mézières.

Ma critique sur Valérian en 180 sec

Bande annonce du film Valérian

Affiche du film Valérian


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Wen.
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