Stoker – Park-Chan Wook aux US

Ici le regard de tristesse de Nicole Kidman. Qui est le même tout le temps à vrai dire.

« Stoker » inspirait toutes les craintes du monde, de un parce que c’est le premier essai à l’écriture de Wentworth Miller qui, quand il n’essaye pas de s’échapper de prison, ponds des scénarios et de deux parce que c’est une commande pour le réalisateur Park Chan Wook qui pose enfin ses valises hors de la Corée. Et au vue de la dernière collaboration Corée-Amérique qui sentait vraiment mauvais (« The Last Stand » par Kim Jee-Woon avec Mr « J’ai 70 ans mais je suis badass » Schwarzy), on commençait à se demander si ces réalisateurs avaient vraiment quelque chose à foutre dans le pays de l’Oncle Sam. Et bien oubliez les préjugés, le réalisateur de « Old Boy » en a encore et toujours dans le pantalon et son passage aux US n’a rien à envier à ses productions précédentes.

Je danse le Mia

India (interprété par la jolie Mia Wachiskomachin), jeune pucelle frêle de 18 ans tout juste entre autisme et rejet du monde qui l’entoure, pleure la mort de son père dans un étrange accident de voiture. Le jour de l’enterrement, elle découvre l’oncle Charlie dont elle n’a jamais entendu parler. Celui-ci va petit à petit s’immiscer dans la vie de la famille Stoker, faisant du gringue à la veuve en deuil (Nicole Kidman, plus botoxée que jamais) et s’installant même dans leur maison. Pourtant, India sent qu’il cache quelque chose et va tenter de savoir quoi…

Ici, pas de censure, pas de director’s cut ni de retenue, Park Chan Wook expose sa vision du cinéma, et arrive à installer l’ambiance malsaine qui lui est si chère. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il est avant tout un faiseur d’image. Ce qui l’intéresse, c’est la mise en scène, la photo et le cadre (au point qu’il ait même ramené sur le tournage le directeur de la photo qui le suit depuis ses débuts). C’est grâce à ce biais là que l’on oublie les quelques lacunes d’écriture du héros de Prison Break pour ne se focaliser que sur l’image et le « Oh mon dieu, mais est-ce qu’il est vraiment en train de filmer ça ?! ». Oui, il le filme, et le pire, c’est qu’il le filme extrêmement bien. Son image est parfaite, froide, brut, choquante mais surtout vraie. Et c’est là toute sa force. Le film regorge d’idées de mise en scènes toutes plus dingues les unes que les autres, illustrant parfaitement la montée en puissance sexuelle du récit (le duel au piano PUTAIN !). Car oui, ici, le réalisateur revient aux thèmes principaux de son cinéma : la violence et le sexe. Violence par son scénario, et sexuel par son image. Et la fusion est magnifique. On pourra reprocher une sous exploitation de Nicole Kidman mais dans le fond, la vieille rombière botoxée, moins on la voit, mieux on se porte.

Ne pas aller voir Stoker entraîne le cancer

En résumé, « Stoker » est un film jouissif, regorgeant de niveaux de lectures tous plus fous, bourré d’idées dérangeantes sublimées par l’image de Park Chan Wook. Le scénario ne laisse aucun temps mort aux spectateurs qui ressortiront de la salle essoufflés, choqués et transcendés par ce qu’ils ont pu observer. C’est une œuvre viscérale, prenant aux tripes, décrochant la mâchoire du non-habitué, qui estomaqué par ce qu’il vient de vivre n’aura qu’une seule envie : se faire la trilogie de la vengeance du réalisateur afin de se reprendre encore une baffe aussi énorme.

Verdict : TOP250


Le petit plus : Est-ce que Stoker est un film d’horreur ?

J’entends dire un peu partout « Ouai mais sur Allociné c’est marqué « Film d’horreur » et vu que j’aime pas ça, j’y vais pas ». Alors je vais être clair, net et précis : NON, STOKER N’EST PAS UN FILM D’HORREUR. Du moins, pas dans le sens actuel. Le vrai problème c’est que le spectateur de 2013 entends par « horreur » des litres de faux sang et des jumpscares à répétitions. Le vrai terme vient d’abord d’« EPOUVANTE » et donc, dans cet optique, il est possible d’envisager le terme horreur. Car si le film glace le sang, il n’y a aucun sursaut au rendez-vous. On y retrouve une ambiance malsaine, comme celle présente dans des titres comme « Se7en ». Si vous voulez voir du sang , « Evil Dead » est encore à l’affiche…

> Détail du film Stoker sur TOP250

Victor (alias Inthepanda). INTHEPANDA est une chaîne Youtube regroupant la chronique fiction "Unknown Movies" réalisée par Victor Bonnefoy, ainsi que toutes ses autres productions. Page Facebook : @InThePanda - Profil Top250 : MrPanda.

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