Obi-Wan Kenobi, le véritable héros de Star Wars

obi wan kenobi star wars

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, les Skywalkers imposaient leurs dures histoires de famille à des millions de formes de vies (républicaines ou non), anéantissaient des systèmes politiques et dictatoriaux entiers et déclenchaient des vagues successives de chaos dans l’univers.

Mais si, loin du masque noir et du souffle rauque de celui qui était jadis connu sous le nom d’Anakin Skywalker, il existait un héros autrement plus complexe ? Si derrière la tunique virginale et les bons sentiments du rejeton Luke Skywalker, il existait un symbole autrement plus discret ?

Et si, loin des élus et des prophéties (mais jamais très loin quand même), un autre personnage était la véritable incarnation de l’univers Star Wars ?

Ce personnage existe. Il s’appelle Obi-Wan Kenobi.

(Lecteur, n’oublie pas que l’univers étendu n’est plus canonique. Ici, on parle cinéma.)

 

1. Obi-Wan Kenobi : le Jedi ultime

« Obi-Wan is a great mentor ; as wise as Master Yoda, and as powerful as Master Windu. »
Anakin Skywalker

D’abord Apprenti, puis Chevalier et enfin Maître, Obi-Wan est le seul personnage de la saga que l’on voit traverser l’intégralité des étapes de la vie d’un Jedi. Et le Monsieur a des références. En étant padawan de l’illustre et insolent Qui-Gon-Jinn, Obi-Wan reçoit l’enseignement du Jedi qui développe le lien le plus fort avec la Force. Il est, en effet, le premier Jedi à revenir d’entre les morts grâce à la Force et transmettra cet enseignement à Obi-Wan. Obi-Wan qui sera donc le premier, sous les yeux du spectateur, à s’incarner dans la Force au moment de mourir de la main de Vador. Et plutôt que de s’adonner à une existence spirituelle abstraite et cosmique, Obi-Wan profite de son immortalité pour jouer les assistantes sociales de Luke Skywalker dans l’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi. Plutôt dévoué.

Côté enseignement, Kenobi n’est pas en reste étant donné qu’il sera le seul et unique maître d’Anakin Skywalker (l’élu de la prophétie, rien que ça), un des Jedi les plus puissants et meilleurs pilotes que l’espace ait fait naître ET de son fils, Luke, qui deviendra assez puissant pour terrasser son père et avoir la force de ne pas céder au côté obscur.

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Que l’on sache, Obi-Wan est également un pratiquant irréprochable de la doctrine et du code Jedi. En paix et en accord avec ses émotions, il est un modèle de stabilité. Aucun écart amoureux ou passionnel, aucun instant de faiblesse au contact du côté obscur et, surtout, une humilité constante, une quête permanente de sagesse. Le code des Jedi est, pour lui, inviolable et il n’hésite pas à le brandir régulièrement pour raisonner son fougueux apprenti Anakin. Il est également fondamentalement républicain, par allégeance Jedi et par conviction personnelle profonde : « Anakin, my allegiance is to the Republic, to democracy !

Mais bien qu’étant pacifiste, Obi-Wan reste un combattant redoutable et, surtout, celui qui affronte le plus grand nombre d’antagonistes, tous films confondus. Dans son palmarès : Dark Maul (contre lequel il nous offre un des plus beaux combats de la saga), Comte Dooku, le général Grievous, Jango Fett et … Vador, deux fois.

Nuançons toutefois : il gagne contre Maul et Grievous par la ruse (notamment à l’aide d’un blaster …), profite d’un avantage topographique sur Anakin et sort vaincu de ses deux affrontements contre Dooku, ainsi que contre Jango Fett et son deuxième affrontement contre Vador …

Car la force d’Obi-Wan est ailleurs : enquêteur hors-pair, il se dissimule habilement pour mettre à jour la création d’une armée de clones et ressent très vite la trahison de Palpatine et la corruption du Sénat. Il est également profondément intellectuel et diplomate … Ce qui ne l’empêche pas d’être nommé général dans l’armée des clones.

Et si ce C.V ne vous suffit pas : il est un des seuls Jedi à avoir survécu à l’ordre 66.

star wars ordre 66

 

2. Obi-Wan Kenobi : Un personnage aussi complet que complexe

Malgré ses très nombreuses qualités et sa vie remplie d’exploits en tout genre, Obi-Wan n’a pas le profil d’un premier de classe (comme pourrait l’être Luke). Pour cause, c’est un personnage bien plus nuancé qu’il n’y paraît. Avant tout, il est doté d’un flegme très britannique et donc, forcément, d’humour. Drôle, mais pince-sans-rire, Obi-Wan semble toujours plus désabusé qu’amusé : Lorsqu’il est livré aux créatures de l’arène de Geonosis, il découvre qu’Anakin a également été capturé. Celui-ci lui annonce qu’il a décidé de venir le sauver. Ce à quoi Obi-Wan répond un très sarcastique : « Good job. »

A Coruscant, lorsqu’il se lance à la poursuite de la chasseuse de primes qui a tenté d’assassiner Padme, Obi-Wan envoie Anakin chercher la cible dans un club pendant que lui va … boire un verre et recadrer un dealer de bâtons de la mort. Ironie du sort, c’est bien Obi-Wan qui désarme la chasseuse de primes. Enfin, après avoir détruit le général Grievous en lui tirant plusieurs coups de blaster en plein coeur, Obi-Wan jette ledit blaster en déplorant d’utiliser une arme « So uncivilized ».

En renfort de cette personnalité aigre-douce, Obi-Wan peut parfois se montrer assez négatif. Ne pouvant s’empêcher de rappeler qu’il déteste piloter, il est également le premier à répéter :
« I have a bad feeling about this », réplique d’abord popularisée par Han Solo dans la première trilogie (personnage O combien doux-amer, lui aussi). Cette réplique de la Menace Fantome complétée ensuite par : « It’s not about the mission, Master. It’s something… elsewhere. Elusive. » laisse entendre qu’Obi-Wan pressentait l’ensemble des événements chronologiques de toute la saga dès sa première apparition à l’écran et la toute première réplique des préquels.

Et la construction du personnage ne s’arrête pas là. Obi-Wan, tout en étant républicain et démocrate (ce qui semble être une absurdité aux U.S.A), se méfie des politiciens et affirme à Anakin qu’il ne faut pas leur faire confiance (ce qui semble n’être une absurdité nulle part). Pourtant, il usera et abusera du mensonge auprès de Luke dans la seconde trilogie en manipulant l’information au nom du « certain point de vue » et de la toute relative vérité …

Aussi, en obéissant à la lettre au code Jedi, Obi-Wan fait parfois preuve d’une certaine insensibilité. D’abord hostile à Jar Jar Binks qu’il méprise et menace ouvertement, il fait presque preuve de xénophobie envers les autochtones lorsque Qui Gon lui suggère l’existence d’Anakin : « Why do I sense that we’ve picked up another pathetic lifeform? ».

L’insensibilité d’Obi-Wan se retrouvera tout au long du développement de son personnage et, particulièrement, dans sa relation avec Anakin dont la passion excessive est aux antipodes de la personnalité de son maître. Cette opposition sera la source de nombreuses tensions et, bien qu’ayant promis de le former, Obi-Wan sera le premier à se méfier d’Anakin et à entretenir une relation conflictuelle avec lui. Il le présentera comme étant incompétent auprès du conseil Jedi (lorsque celui-ci veut confier à l’Elu la tâche d’espionner Palpatine) mais aussi arrogant, fragile, confus et distrait. Sa rigueur morale et sa détermination mettent également en danger Padme qu’il utilise (bien qu’il sache qu’elle est enceinte) pour retrouver Anakin, qui pensera alors qu’elle l’a trahie.

Mais cette froideur et ces reproches sont également à nuancer. Dans ces années plus mûres (La revanche des sith), il confie bien volontiers sa vie à son apprenti et prétend qu’il ne le décevra pas. Et même lorsqu’Anakin est devenu Vador, Obi-Wan tente de le ramener à la raison et, jusqu’au dernier moment, bien qu’ayant eu la force d’engager le combat, sera incapable de l’achever … Précipitant ainsi la galaxie dans une nouvelle ère de terreur.

Dans la trilogie originale, Obi-Wan dégage une forte aura de mélancolie et de regret : devenu trop vieux pour faire la guerre, il fait le constat désabusé de la mort d’Owen et Beru, de la puissance de l’Empire et de la destruction d’une planète. Et ce mensonge proféré à Luke, ce mensonge qui fait d’Anakin Skywalker et de Dark Vador deux personnes distinctes, ne serait-il pas pour lui-même ? Ne serait-ce pas la vieille histoire que le vieux Ben se raconte chaque jour de son exil pour oublier que c’est lui qui a laissé Anakin pour mort et l’a condamné à une existence plus mécanique qu’humaine … ?

La chute d’Anakin vers le côté obscur semblait relever du destin mais il est également possible de l’imputer à l’incompétence d’Obi-Wan. Serait-il, finalement, un mauvais maître ? Il l’avoue lui-même « I have failed you, Anakin. I have failed you. »

N’oublions pas qu’Obi-Wan n’avait que quelques années de plus qu’Anakin lorsqu’il a promis de le former à un Qui-Gon Jinn mourant. Cette promesse à un Jedi expirant ne trahit-elle pas d’ailleurs un attachement excessif ? Une émotion dont Obi-Wan a perdu le contrôle ? Et lors du duel final, Obi-Wan confie à Anakin qu’il était pour lui comme un frère … Pas un fils. Un frère. Obi-Wan a porté trop jeune, trop tôt, le fardeau de former un Elu trouvé trop tard pour un conseil des Jedi trop arrogant. Mais il s’est bien rattrapé.

Conseil des jedi star wars

 

3. Obi-Wan Kenobi : l’incarnation de la guerre des étoiles

Dans une saga comme Star Wars, dont l’univers est aussi riche et la narration si étendue dans le temps, rares sont les personnages à apparaître dans tous les films. Pourtant, aux côtés de Dark Vador, des droïdes et de Yoda, Obi-Wan en fait partie. Le Jedi qui se fera appeler Ben a été le témoin du blocus de Naboo par la fédération du commerce, de la création de l’armée des clones, de la guerre des clones, de l’ordre 66 et de la chute des Jedi, du déclin de la république et de l’avènement de l’Empire, de l’apprentissage de l’Elu et de son fils, de la destruction des deux étoiles de la Mort et, enfin, de la réalisation de la prophétie.

Mais son rôle au sein de la saga se partage en deux parties distinctes correspondant aux deux trilogies. Dans les préquels, Obi-Wan est avant tout un spectateur. Il est le spectateur de tous les événements énoncés plus haut et le regard extérieur qui contemple la réalisation de la prophétie, y compris dans tout ce qu’elle a de négatif : Menace, Guerre, Revanche des Sith, Empire etc. Quand nous le découvrons au début de La Menace Fantôme, il est le personnage le plus proche du spectateur des films Star Wars. Lui aussi a vécu la seconde trilogie et cotoyé Luke Skywalker. Pourtant, il ignore encore la nature des évènements à venir. Il a un mauvais pressentiment … Tout à fait légitime.

Il est également celui qui partage les émotions du spectateur au même degré. Loin de la passion d’Anakin, Obi-Wan ressent l’émotion sans l’excès et passe rapidement à autre chose, comme il est nécessaire de le faire pour le spectateur : la mort de Qui-Gon Jinn (aussi traumatisante soit-elle), la chute des Jedi et le massacre des Padawan, la colère et la déception face à Anakin, le désespoir face à la mort de Padme, l’incertitude quant au destin de la galaxie … Ces émotions nécessaires à l’expérience narrative, Obi-Wan les vit toutes. Et invite le spectateur à les vivre.

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Dans la trilogie originale, Obi-Wan remplit une autre fonction. Si on regarde d’abord les préquels, il est le seul personnage qui partage les mêmes informations que le spectateur, au détriment de Luke. Il incarne donc le passage de relais entre les deux trilogies (quel que soit l’ordre dans lequel on les regarde). Quelle émotion, d’ailleurs, lorsque ce bon vieux Ben Kenobi se rappelle de son véritable nom…
Mais lorsque l’on regarde les Star Wars dans leur ordre de sortie et que l’on commence logiquement par A New Hope, Obi-Wan est l’éducateur, l’initiateur mais aussi l’appel de l’aventure. Il est celui qui nous enseigne, comme il le fait pour Luke, les règles de cet univers si grand que nous ne connaissons pas et que nous brûlons de découvrir. Il nous apprend son histoire, sa philosophie mais aussi (et surtout) sa spiritualité.
C’est d’Obi-Wan que le spectateur (Et Luke !) tient tout ce qu’il sait sur la Force :

« The Force is what gives a Jedi his power. It’s an energy field created by all living things. It surrounds us and penetrates us. It binds the galaxy together. » puis les premiers exercices et modes de pensée nécessaires pour la comprendre et la maîtriser.

Enfin, n’oublions pas qu’Obi-Wan est un des trois personnages du plan final de la saga, aux côtés de Yoda et Anakin. Et c’est bien logique. Derrière ses vaisseaux et ses blasters, Star Wars est avant tout l’histoire de deux puissances qui s’affrontent : le côté clair et le côté obscur. Le Bien et le Mal. Et c’est le Bien qui l’emporte sur le terrain de la Force et de la spiritualité.

Et, justement, Obi-Wan incarne fondamentalement tout ce qui est relatif à la Force et sa nature profondément positive. Il incarne la spiritualité toute entière de l’univers Star Wars.

Et que serait l’univers Star Wars sans sa spiritualité ?

Vous êtes d’accord avec cette analyse ? Un autre personnage fétiche à défendre comme étant l’incarnation de Star Wars ? Echangeons en commentaires 😉

 

« Au secours Obi-Wan Kenobi. Vous êtes mon seul espoir. »
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Dorian Masson. Mon blog : The Big Leblogski.com – Mon profil Top250 : @dorianmasson – Mon profil Facebook : Dorian Masson – Mon site réalisateur : dorianmasson.com

2 Comments

  1. Nicolas

    13 décembre 2016 à 16 h 10 min

    Ouah, Quel article !!!

    100% d’accord Obi-wan est un personnage emblématique de Star Wars.

    Il est le Jedi le plus complet de l’univers Star Wars, le meilleur ami d’Anakin et le meilleur ennemi de Dark Vador.

    Mais mon chouchou reste et restera toujours Yoda 😉

  2. Laurent

    14 décembre 2016 à 23 h 06 min

    Très complet, il y en a à dire sur ce personnage 🙂 Ca me met en jambe avant d’aller voir Rogue One 🙂

    Mon préféré c’est R2D2 🙂 Pas de texte mais un grand jeu d’acteur 😉

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