[Critique Cinéma] Spider-Man Homecoming : quoi encore un reboot ?

Image du film Spider-Man

Pour les néophytes, l’affaire est dure à suivre.

En effet, avant que Marvel ne devienne le studio de cinéma le plus prolifique du 21ème siècle, la maison d’édition était en bien mauvaise posture financière et vendit les droits cinématographiques de leur plus célèbre licence à Sony : Spider-Man.

C’est ainsi que Sam Raimi put offrir une trilogie entre 2002 et 2007, et, désireux de conserver les droits tout en voulant s’inscrire dans le renouveau des films de super-héros (entre les débuts de Marvel Studio et les Batman de Nolan), un reboot fut lancé en 2012 : Amazing Spider-man.

A la suite d’une gestion calamiteuse du studio malgré de nombreuses qualités, le second volet signa la fin de la saga version Marc Webb, et Sony, conscient du manque à gagner devant la machine de guerre Marvel, désormais associé à Disney, signa un accord pour que Spider-Man rejoigne le Marvel Cinematic Universe, chacun faisant ce qu’il sait faire de mieux : Marvel un film, Sony des produits dérivés.

C’est donc non sans une grande joie que Civil War signa le retour du tisseur à la maison, et aujourd’hui celui-ci s’offre à nous dans un nouveau film solo intronisant l’araignée dans l’univers bâti par le studio depuis 2008.

Après les évènements de Civil War, Peter Parker, désireux d’être recruté par les Avengers, poursuit son quotidien de super-héros de la rue en parallèle de sa vie lycéenne. Mais la piste d’un trafic d’armes alien va le confronter à un ennemi plus coriace qu’à l’accoutumée : le Vautour.

Admiré par les uns, fustigé par les autres, Marvel Studio propose une formule de film de plus en plus cohérente et efficace dans leur singularité et pour le global de leurs univers liés. Spider-Man Homecoming s’inscrit tout à fait dans cette veine là : une réalisation impersonnelle mais qui se nourrit d’une gestion du personnage et de la licence exemplaire pour offrir un blockbuster estival réussi et plaisant à suivre.

Image du film Spider-Man

L’araignée, l’araignée, est un être bien singulier

La principale force de ce Spider-Man Homecoming, c’est le grand écart réalisé par cette énième adaptation du personnage qui évite l’écueil d’une 3ème origin story sur la morsure de l’araignée et la mort de l’oncle Ben.

Ces évènements sont mentionnés, mais absents de la dramaturgie du film, évitant l’impression de déjà-vu. Il en est de même pour le groupe d’amis de Peter Parker. Référencés vers des personnages connus de la licence (Amazing ou Ultimate), ils ne portent pourtant pas les mêmes noms, et permettent ainsi au film de prendre à revers certaines de leurs personnalités. Spider-Man Homecoming arrive donc à trahir l’origine de la saga pour mieux la respecter.

Il surprend par sa fidélité cachée sous une apparente prise de liberté. Il s’inscrit donc dans l’un des rares créneaux que lui offrait le passif de la licence au cinéma. Et bien qu’on puisse se réjouir de ce choix malin, il n’en demeure pas moins qu’on peut aussi regretter un certain manque de définition de cette version du tisseur notamment sur ses pouvoirs (le spider-sens semblant avoir été oublié).

Image du film Spider-Man

You’ve become part of a bigger universe

Le second attrait de ce Spider-Man Homecoming, c’est l’intronisation du personnage dans le MCU (Marvel Cinematic Universe).
La présence du tisseur dans l’univers du comics porté sur grand écran. La satisfaction que Spider-Man puisse enfin croiser Iron Man, Captain America & cie. Le film se fait un plaisir de parcourir l’histoire de Spider-Man via différents moments marquants des précédents films, intronisant le tisseur dans la chronologie du MCU. 

Mieux encore, à la manière d’un Docteur Strange qui ouvrait la porte de la magie dans l’univers des films, Spider-Man Homecoming offre un point de vue sur le MCU bien plus terre à terre, civil, quotidien, permettant de voir comment monsieur tout le monde vit les évènements extraordinaires des films, offrant cohérence et identification à toute la diégèse de la saga.

Image du film Spider-Man

Ce n’est pas l’armure qui fait le héros, mais l’homme à l’intérieur

Dans sa construction plus singulière et cinématographique, là encore Spider-Man Homecoming marque des points.

Tom Holland confirme l’essai réussi de Civil War. Il interprète un Peter Parker offrant un nouveau profil de héros au MCU : celui de l’adolescent pétri de bonnes intentions mais manquant terriblement d’expérience.

Son rapport de filiation avec Tony Stark permet de nourrir la dramaturgie des deux personnages, et suggère une passation de pouvoir habilement gérée. Michael Keaton n’est pas en reste puisqu’il nous offre l’un des meilleurs méchants du MCU sur son personnage du Vautour, un oublié du système terriblement humain et charismatique.

Le reste du casting nourrit l’univers teenager et lycéen du film, et l’un des caméos est particulièrement savoureux. Du tout bon donc.

Image du film Spider-Man

Pas si Amazing que ça ?

Mais quand on s’intéresse au film séparément du reste de la saga Marvel, certains défauts choquent.

Et pour cause, Spider-Man Homecoming est, à la manière d’un Doctor Strange ou d’un Ant Man une excellente présentation du héros dans l’univers Marvel.

Seulement Spider-Man n’est pas Doctor Strange ou Ant Man. Ce n’est pas un héros de seconde zone méconnu du grand public. C’est l’un des plus grands personnages de la pop culture, ayant offert parmi les plus beaux arcs narratifs de l’histoire des comics.

Et même si la formule bien rodée de Marvel fonctionne, on ne peut s’empêcher d’espérer plus. Ne serait-ce que sur la mauvaise gestion des doublures numériques ou sur la physique de ses mouvements, bien moins fidèles et réussis que dans Amazing Spider-Man 2.

Oui, Spider-Man Homecoming est un excellent blockbuster qui réussit le pari difficile de faire du neuf avec du vieux et fait vibrer nos cœurs de fans par le retour du personnage à la maison.
Mais pour que ce premier film garde l’aura qu’il dégage aujourd’hui, il faudra que les suites soient plus ambitieuses dans leur définition de la diégèse de l’univers (origine, limite du pouvoir), dans leur bande son, et dans leur réalisation (scènes d’action plus épiques, doublure numérique plus réussie …etc).

Que voulez-vous, une grande licence implique de grandes responsabilités.

 


Ma critique de Spider-Man Homecoming en 180 sec (sans spoil) :

Ma critique de Spider-Man Homecoming en 180 sec (avec spoil) :

Bande annonce de Spider-Man Homecoming :

Affiche de Spider-Man Homecoming :

Image du film Spider-Man


A voir aussi, le dossier pour en savoir plus sur Spider-man :

Spider-Man : qui est-il vraiment ? Réponse !

Wen. Web-série : Tea Time - Court métrage : Hypnos 600 - Mon profil Top250 : Wen - Ma chaîne Youtube : Critiques ciné/série en 180 secondes - Mon profil Facebook : Wenceslas Lifschutz

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