Ces 7 clips musicaux bien connus, réalisés par de grands réalisateurs de films !

Meilleur realisateur

Après les grands réalisateurs et leurs courts métrages plus ou moins connus, il est temps pour nous de s’attarder sur quelques réalisateurs de cinéma et leurs clips musicaux.

> Voir l’article sur les courts métrages méconnus des grands réalisateurs

Tout comme les courts métrages, on peut y voir l’identité des réalisateurs, que ce soit dans les sujets traités au travers des chansons et de leurs clips, les collaborations habituelles des réalisateurs, ou tout simplement dans la technique.

Evidemment, on pense souvent aux collaborations de Michael Jackson avec de grands réalisateurs comme Martin Scorsese, mais étant donné qu’il faudrait un article consacré uniquement à cet artiste et ces cinéastes, voyons ce que d’autres réalisateurs nous réservent.


Les clips musicaux réalisés par de grands réalisateurs

 

Luc Besson

Luc besson

Isabelle Adjani – Pull marine (1983)

Isabelle a les yeux bleus, pull marine Isabelle a… euh pas certain que ce soit ça la phrase exacte mais tant pis !

Avant de parler du clip, je vous conseille vivement cet album, pas en tant que fan d’Adjani, loin de là, mais parce qu’il est composé par Serge Gainsbourg avec qui elle a coécrit les chansons.

Bref de la grande poésie qui continuera a laissé sur le carreau la majorité des vendeurs de disques d’aujourd’hui (vous avez remarqué que j’ai pas dit artiste et bien vendeur ?). Luc Besson et Isabelle Adjani, c’est un peu Le Grand bleu (1988) avant l’heure ; 1983, c’est cinq ans avant ce qui sera pour beaucoup, le chef d’œuvre de Besson.

Ce clip scénarisé peut être considéré comme court métrage, d’ailleurs on pourrait se poser une question : où se trouve la limite entre le clip et le court métrage finalement ? Ici, on retrouve un visuel irréaliste, comme un monde uchronique que l’on peut retrouver dans l’esthétique de Besson dans les années 80 avec des films comme Subway en 1985, tiens coucou Isabelle, Besson et toi c’est aussi sur grand écran alors ?! Alors je ne vais pas vous décrire le clip, vous le connaissez, il passe encore de nos jours.

En résumé, c’est Isabelle qui pleure au fond de la piscine parce que son couple ça se résume à des sardines cuisinées au micro-onde, c’est trop triste ! En revanche je terminerai par deux anecdotes, il a obtenu la Victoire de la musique du meilleur vidéo-clip 1985, et je garde le meilleur pour la fin, c’est Bernard Tapie qui a produit le clip ! Et non je ne déconne pas !

Les autres clips musicaux qu’il a réalisé :

Richard Berry – Visiteur (1984), Serge Gainsbourg – Mon légionnaire (1988), Mylène Farmer – Que mon cœur lâche (1992), Ophélie Winter – Sache (2002), Madonna – Love Profusion (2003), Kery James (feat. Béné) – L’Impasse (2009)

 


Spike Lee

Spike Lee

Public Enemy – Fight the Power (1989)

Quand les noires sont victimes de ségrégations, who’s gonna call ? Black Spik Lee !

Alors là, on tient du pure Spike Lee ! Rien d’étonnant de voir une collaboration du cinéaste avec Public Enemy, groupe légendaire du hip-hop américain, qui s’est battu pour les droits des afro-américains au travers de paroles controversées.

Le cinéaste est un fervent défenseur de la communauté afro-américaine, et son biopic Malcolm X (1992) en dit déjà beaucoup sur le réalisateur. Spike Lee s’essaye à toutes les pratiques cinématographiques : courts métrages, longs métrages, clips musicaux et films documentaires. Et avec le clip réalisé pour Fight The Power, le cinéaste réunit un peu tous les styles.

D’abord, il a demandé au groupe d’écrire ce morceau pour son film Do The Right Thing (1989) qui sera tourné dans le même quartier. Ensuite, il a réalisé le clip, et enfin celui-ci a été réalisé de manière documentaire tout en y mélangeant les codes du clip hip-hop de l’époque.

Ce clip musical donne vraiment l’impression parfois que l’intervention de Public Enemy avait eu lieu dans une réelle manifestation contre la ségrégation raciale ! Bref, un groupe culte, un morceau culte, un réalisateur culte et un clip culte qui nous invitent à jeter un œil à la filmographie de Spike Lee !

Les autres clips musicaux qu’il a réalisé :

Grandmaster Flash et Melle Mel – White Lines (1983), Anita Baker : No One in the World (1987), Experience Unlimited – Da Butt (1988), Fishbone – Sunless Saturday (1991),FFF – Marco (1991), Prince – Money Don’t Matter 2 Night (1992), Michael Jackson – They Don’t Care About Us (1996), Michael Jackson : This Is It (2009), Eminem feat. Nate Ruess : Headlights (2014)

 


Maiwenn

maiwenn

Dani – L’amour est un oiseau rebelle (2013)

Oui une seule femme, ne commencez pas à me faire des « bouuuuh myso-masculino-facho-sexiste !!!! », le problème ne vient pas de moi…

Les réalisatrices étant encore très peu représentées dans le milieu, difficile de trouver des réalisatrices de films que l’on connait et qui ont fait des clips… On notera tout de même Sofia Coppola, seulement je ne savais pas vraiment quoi en dire. Donc je la cite ici pour éviter la remarque après votre lecture.

Bref, revenons à Maïwenn ! On retrouve dans ce clip quelque chose d’assez ordinaire dans la forme, il faut l’avouer, puisqu’il s’agît d’un plan séquence. Le plan séquence dans le clip c’est monnaie courante, rien qu’ici on peut citer Edgar Wright sur After Hours de Bluetones.

Alors je vous épargne ma non-sympathie pour cette reprise incroyablement fausse et dénuée de toute émotion ; je ne suis pas là pour parler musique et puis on va sortir le célèbre « les goûts et les couleurs ne se discutent pas », comme ça, c’est réglé. Oulala décidément pour ce clip je passe par tous les délires.

Non en fait je vous avoue que c’est volontaire, c’est à l’image du clip, alala talent d’écriture quand tu me tiens ! (Tuez-moi sans déconner !) Passer par tous les délires, c’est un peu le propos du clip, à travers le plan séquence on traverse différentes chambres pour se retrouver face à différents rapports de couple. On y trouve les premiers jours, les disputes, la frénésie…

Et en plus, toutes sexualités confondues, en tout cas ce qui est légalement autorisé, vous l’aurez compris, aucun caméo de Roman Polanski ici ! L’amour, les conflits, le réel, c’est un peu le mot d’ordre dans la filmographie de Maïwenn. Et selon le réalisme ontologique de Bazin (attention c’est mon aparté intellectuel pour me rendre crédible auprès de vous chers lecteurs), le plan séquence et la profondeur de champ doivent être privilégiés par rapport au montage pour rendre compte du réel. Ici c’est exactement ce que fait Maïwenn, au-delà du fait que Dani ouvre les portes des chambres sans que cela ne dérange les couples.

Donc, en fin de compte, est-ce que le plan séquence ici n’est pas juste une pirouette esthétique ? Bon, oui, d’accord, j’avoue ! Je me suis ennuyé devant ce clip et surtout cette chanson, ce qui ne veut pas dire que ça ne vous plaira pas à vous, alors jetez-y un œil !

 


Edgar Wright

edgar wright

Mint Royal – Blue Song (2002)

L’histoire, car oui il y en a une, c’est celle d’un groupe de braqueurs, dont Nick Frost ! Oui la romance Wright/Frost/Pegg encore et toujours… Bref !

Nous avons ce groupe de cambrioleurs dont un qui reste dans la voiture pour vite s’échapper après le casse. Il demande combien de temps la mission va prendre et on lui répond 2 minutes 54. À partir de là, il choisit quel morceau écouter en attendant, ce sera Blue Song.

Et là tout s’enchaîne, le clip est réglé comme du papier à musique (jeu de mot foireux, t’as remarqué toi aussi ?!). On y trouve un rythme très entraînant récurrent depuis les débuts du cinéaste. Il se passe beaucoup de choses durant cette attente du personnage, on ne s’ennuie pas une seule fois. Edgar Wright réalise aussi un gros travail sur l’incorporation de sons diégétiques en parfaite harmonie avec la musique (par exemple les portières qui se ferment).

Et si vous connaissez sa trilogie Cornetto, comprenant Shaun of the Dead (2004), Hot Fuzz (2007) et World’s End (2013), vous penserez obligatoirement à la scène de Shaun of the Dead dans le bar avec le groupe de survivants tapant en rythme sur un zombie avec en fond Don’t Stop Me Now de Queen. Vraiment, vous allez adorer ce clip magnifiquement orchestré (oui encore un jeu de mot bien naze).

Charlotte Hatherley – Bastardo (2004)

Alors pourquoi ce clip ? Parce qu’on avait Nick Frost précédemment et que là, Simon Pegg a un petit rôle de barman. Comme ça, pas de jaloux !

Ici, la chanteuse nous raconte son histoire d’amour avec Antonio. Edgar Wright décide donc de la raconter en image au travers de bandes dessinée, de magazines et autres supports papiers. Une fois de plus, on y retrouve certaines mécaniques que le cinéaste aime beaucoup utiliser. Il y a toujours un rythme soutenu engendré par une succession de cuts, mais aussi des transitions que l’on voit fréquemment dans ses films, c’est-à-dire des transitions horizontales ou verticales d’un plan à un autre.

Un clip technique et finalement très différent du premier présenté, malgré les similitudes de mise en scène.

Les autres clips musicaux qu’il a réalisé :

The Bluetones – Keep The Homes Fires Burning (2000), The Bluetones – After Hours (2002), Charlotte Hatherley – Summer (2004), Pharrell Williams – Gust of Wind (2014)

 


Michel Gondry

Michel Gondry

IAM – Je danse le Mia (1993)

Dire de Michel Gondry qu’il a fait des clips, c’est comme dire de Nicolas Sarkozy qu’il a les mains sales, c’est admis, mais ça fait toujours du bien de le rappeler.

Gondry a commencé par ça avant d’attaquer le cinéma avec des films complètement rêveurs, et vu la quantité, je ne peux pas tout énumérer. Google est ton ami !

Alors oui, on retrouve l’univers de Gondry dans bon nombre de clips, et c’est pour ça que j’ai choisi Je danse le MIA, parce qu’il n’est pas dans ce courant, et puis, qui savait que c’était Gondry à la réalisation de ce clip, honnêtement ? Je danse le Mia, vous connaissez la musique et son clip pour la plupart, c’est un réel bijou ! À quasiment chaque mot, on a un zoom sur un objet, une action, un personnage, le tout pour représenter ce que les rappeurs nous racontent. En plus, cette mise en scène donne parfois l’impression d’une absence de montage complètement folle ! Et même si on sort du côté rêveur des œuvres de Gondry, on reste dans quelque chose de très créatif.

Bref, va mater le clip pour danser le Mia !

 


Xavier Dolan

Xavier Dolan

Indochine – College Boy (2013)

Je ne pouvais pas parler de clips et de grands réalisateurs sans revenir sur la collaboration d’Indochine avec Xavier Dolan.

Et avant de montrer en quoi ce clip est caractéristique du jeune réalisateur québécois, déjà couronné pour sa carrière. Rappelez-vous, c’était en 2013, le CSA avait interdit le clip aux moins de 18 ans pour sa violence. Tellement logique de refuser le visionnage de ce clip à la tranche d’âge à laquelle il est destiné, à savoir les adolescents. Oui parce qu’on y parle de harcèlement scolaire quand même, pratique que notre société veut régler mais sans ouvrir les yeux finalement… Le Figaro titrait même son article par : « Indochine : la censure de College Boy révèle « une culture de la lâcheté » ». Et finalement c’est exactement ce que montre le clip, on s’indigne en brassant de l’air plutôt qu’agir… Les peuples aiment croire qu’ils ont des convictions, mais pour les mettre en pratique, c’est autre chose… Bon allez ! Paix et prospérité, je commence à broyer du noir et à vouloir tout casser, « Messieurs les censeurs, bonsoir ! »
La mise en scène donc ! Pour commencer, l’image est dans un format carré que l’on retrouvera dans Mommy (2014) l’année suivante ainsi que l’acteur de ce même film, Antoine Olivier Pilon. D’ailleurs on a dans ce clip une dénonciation des problèmes de l’adolescence comme dans… Mommy… Bon t’as compris c’est presqu’un pré-Mommy en noir et blanc avec Indochine en fond !

De la même manière, on trouve des ralentis qui figent l’action dans le temps pour mieux renforcer la symbolique. Evidemment, on retrouve des éléments symboliques un peu gros mais efficaces comme Antoine Olivier Pilon qui se regarde dans le miroir ou encore les yeux bandés des autres élèves, c’est le côté Dolan. Un cinéma dit « d’auteur » mais qui reste universel et compréhensible du grand public, pas comme bon nombre de réalisateurs de cette catégorie qui se délectent de leur nombrilisme cinématographique.

En tout cas c’est un clip très riche en terme de mise en scène, si bien que beaucoup prendront plaisir à l’analyser. Pour moi, l’un des meilleurs clips réalisés de cette décennie, ce qui n’est pas difficile quand on voit la médiocrité de la majorité des clips sur les chaînes qui y sont consacrés…

Autre clip musical qu’il a réalisé :

Adele – Hello (2015)


 

J’espère avoir piqué votre curiosité avec ces quelques cinéastes. Tout comme pour les courts métrages, réaliser un clip peut être une commande et d’autres fois il y a une réelle envie de collaboration entre artistes, partager un univers commun, s’essayer à de nouvelles choses, bref plein de raisons qui font la richesse du clip musical !

Et je pense à beaucoup d’autres réalisateurs que je n’ai pas cité comme Zack Snyder, en collaboration avec My Cheminal Romance sur le morceau Desolation Row. Oui je cite une fois de plus Zack Snyder, je vais finir par en faire mon leit motiv !

Et vous, à quel cinéaste pensez-vous quand on vous parle de clips musicaux ?

 


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Les courts métrages méconnus des plus grands réalisateurs

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2 Comments

  1. Max

    25 février 2017 à 13 h 34 min

    Je dans le Mia est vraiment top comme clip, je savais pas que c’était ce réal derrière 🙂

    • Morgan

      6 mars 2017 à 13 h 31 min

      Très content de t’avoir fait découvrir ça alors ! 🙂

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