Les films de Guerre qui vous feront changer d’avis

Lorsque vous cherchez un film à voir et que vous tombez sur un film de guerre, si votre premier réflexe est de passer outre car ce n’est pas votre genre de prédilection, j’aimerais, grâce à cet article, vous faire aller là où vous ne seriez pas allés seuls et vous faire oublier vos à priori.

Une chose est sûre, je comprends parfaitement votre hésitation puisque moi aussi, les films de guerre ne m’attirent pas vraiment. Mais comme je suis curieuse, je me fais violence et je me dis que si de grands réalisateurs s’y sont essayés, je dois vaincre mes idées préconçues et aller regarder ce qu’ils ont à nous dire. Essayez de dépasser les clichés, car les films de guerre ne sont pas uniquement un prétexte pour retracer des conflits terrestres, aériens ou navals.

Ce qui est essentiel, dans ce genre de cinéma, c’est l’intention que le réalisateur va mettre dans son oeuvre et le message qu’il a à nous transmettre. Et même si ce sont avant tout des drames qui se déroulent lors d’un conflit militaire, qu’ils sont difficiles à voir et qu’ils dérangent, ils nous racontent avant tout des histoires émouvantes.

C’est pourquoi je vous ai concocté une sélection de films, vus par le prisme particulier de réalisateurs hors pairs. Et vous verrez que chacun à leur manière vont vous interroger, vous choquer sans doute, mais surtout vous faire penser, à la fin, que vous avez bien fait d’essayer ce cinéma de genre.

Les deux premiers films que je vous propose sont du même réalisateur : Steven Spielberg. Et quels films !

 


LA LISTE DE SCHINDLER

Sorti en 1993, avec Liam Neeson, Ben Kingsley et Ralph Fiennes.

Drame de guerre historique filmé en noir et blanc, qui dure plus de 3 heures, et qui nous captive jusqu’à la fin. C’est l’histoire vraie d’Oskar Schindler, un industriel allemand qui a sauvé plus de 1100 juifs du camp d’Auschwitz, en 1944.

« Cette liste, c’est le bien absolu. »

Nous sommes en 1939. Les allemands regroupent les juifs dans les ghettos. Oskar Schindler (Liam Neeson) est un industriel nazi qui a très vite compris comment tirer parti de la guerre pour s’enrichir. Il décide donc d’employer dans son usine une main d’œuvre bon marché, les juifs du ghetto de Cracovie.

Quelques lignes pour résumer un film de plus de 3 heures, vous me direz, c’est peu. Et pourtant, on peut, sans aucune hésitation, qualifier La Liste de Schindler de pur chef-d’œuvre, parce que tout est réuni pour le rendre inoubliable. D’abord, Spielberg et son génie de la réalisation, sa manière de nous raconter des histoires, le parti pris de tourner son film en noir et blanc afin de nous plonger de plein pied dans la réalité de l’époque. Mais aussi et surtout son choix d’acteurs, qui incarnent très authentiquement leurs rôles, et avant tout Liam Neeson qui nous prouve ici son immense talent de composition et son charisme absolu.

Et bien sûr la musique de son compositeur attitré, John Williams, dont le thème principal, piano et violon, va vous serrer le cœur. Ce film n’est pas à proprement parler un film de guerre au sens littéral. On ne voit aucune image des batailles sur le front. Il nous raconte simplement le drame humain qu’ont subi les juifs pendant la seconde guerre mondiale, et dans ce contexte de guerre où les allemands les exterminent dans les camps, un peu d’humanité jaillit avec Schindler, alors qu’il est lui-même membre du parti nazi.

Ce film, c’est la bonté et l’espoir face au désespoir et à l’horreur. Alors si vous ne l’avez pas vu, allez-y, dépêchez-vous, car La Liste de Schindler ne ressemble pas aux autres films sur la Shoah. C’est une oeuvre bouleversante, récompensée très justement par 7 oscars.

 


IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN

Film sorti en 1998, avec Tom Hanks, Edward Burns, Tom Sizemore, Barry Pepper et Matt Damon.

« Foupoudav »

6 juin 1944, c’est le débarquement en Normandie. Les forces américaines accostent sur les plages et subissent de lourdes pertes. Le capitaine John Miller (Tom Hanks), survit à cette boucherie. Ses supérieurs lui confient alors une mission particulière : trouver sur le front le soldat James Ryan (Matt Damon), pour le renvoyer chez lui sain et sauf, car il est le seul survivant d’une famille de 4 frères, dont 3 sont déjà morts au combat.

Dès l’ouverture du film nous sommes dans l’enfer de la guerre avec une scène apocalyptique, nous plongeant de plein fouet dans l’effroi d’une armée prise comme cible et à découvert, contrainte de subir d’énormes pertes humaines pour réussir à trouver une brèche et sortir de la plage. Cela dure plus de 20 minutes, et rien ne nous est épargné tant le réalisme est saisissant. D’ailleurs 90% des plans du film sont tournés caméra à la main ! En fait, dans le soldat Ryan, il y a des moments effarants qui marquent le spectateur à jamais.

Et Spielberg conclut son film comme il l’a commencé, par un final grandiose et terrible. Avec un Tom Hanks sublimissime, une histoire originale, des scènes à l’intensité dramatique insoutenable et une grande maestria lors des combats, le soldat Ryan est sans nul doute un immense film de guerre. Ici, le message du metteur en scène est évident : comment ne pas perdre son humanité face à l’abomination de la guerre ?

Pour l’anecdote, la scène du débarquement a coûté 11 millions de dollars et nécessité plus de 1000 figurants.

Autre réalisateur magnifique qui nous a offert lui aussi sa vision de la guerre : Clint Eastwood, avec son dyptique sur la bataille d’Iwo Jima en 2006, vue du côté américain avec Mémoires de nos pères et du côté japonais avec Lettres d’Iwo Jima.

 


LETTRES D’IWO JIMA

Film de Clint Eastwood sorti en 2006, avec Ken Watanabe et Kazunari Ninomiya. Musique de Kyle Eastwood

« Vous êtes un bon soldat.
– Non mon général, je suis boulanger. »

1944 : le général Kuribayashi (Ken Watanabe) est dépêché sur l’île d’Iwo Jima pour en assurer la défense, en prévision de l’attaque américaine. Avec une détermination et une volonté implacables, il décide de tenir au mieux la place en faisant creuser des galeries pour pouvoir résister plus longtemps aux troupes ennemies, même s’il comprend immédiatement que le pouvoir impérial les condamne à une mort certaine.

La bataille d’Iwo Jima est l’une des batailles les plus sanglantes du pacifique. Clint Eastwood a choisi de nous la raconter de manière grave, les couleurs sont ocres et brunes et la mort y est omniprésente. Grâce à la correspondance du général et des soldats nous entrons dans la vie de ces héros avec compassion, il n’est plus question d’ennemis, ce sont avant tout des hommes ! Saigo (Kazunari Ninomiya) n’est pas un soldat mais un jeune boulanger, enrôlé de force, et dont la femme attend un enfant.

Le réalisateur, en nous offrant une réflexion sur la guerre, nous parle de notion d’honneur et de sacrifice, car cette bataille était perdue d’avance ! Un film qui vous touche, où les personnages sont attachants et qui rend hommage à tous les combattants qui ont fait le sacrifice de leurs vies. Pas de méchant ici, juste des hommes dépassés par la cruauté de la guerre. Bravo Monsieur Eastwood, pour ce film bouleversant.

Un autre réalisateur a eu le courage de nous parler de ce que les autorités ont toujours préféré nous taire, il s’agit de Rachid Bouchareb, avec Indigènes.

 


INDIGÈNES

Film français de Rachid Bouchareb, sorti en 2006, avec Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan. « Indigènes » est le terme pour désigner des soldats issus des colonies françaises.

« Les balles allemandes ne font pas de différence, capitaine. »

Nous sommes en 1943 et ceci est l’histoire de quatre hommes venus du Maghreb, Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir, tous engagés volontaires pour combattre aux côtés des français et « libérer la mère patrie ». Après un entraînement sommaire, les voilà envoyés en première ligne.

Ce film nécessaire et sans prétention nous parle d’une page d’histoire délibérément occultée. Celle des maghrébins venus combattre aux côtés des français, pour libérer la France. Encore un film sur la seconde guerre mondiale, mais dans lequel le réalisateur fait passer son message par le biais de personnages attachants, aux histoires personnelles émouvantes, et qui dénoncent l’injustice.

Les scènes de combat sont filmées au plus près, notamment lors de l’attaque du village, et les êtres humains qui décident de continuer à se battre malgré le manque de considération et le mensonge de l’armée française, forcent l’admiration. Indigènes, un film de guerre dérangeant, qui marque les esprits.

Pour le film suivant c’est Oliver Stone qui s’attaque au lourd tribu payé par toute une jeunesse américaine, lors de la guerre du Vietnam.

 


NÉ UN 4 JUILLET

Film d’Oliver Stone, sorti en 1989 et adapté de l’autobiographie de Ron Kovic, vétéran de la guerre du Vietnam, avec Tom Cruise, Willem Dafoe et Tom Berenger.

« Qui va m’aimer, papa ? Qui pourra m’aimer ? « 

Ron Kovic (Tom Cruise) est né un 4 juillet, jour de la fête nationale aux Etats-Unis. C’est un citoyen américain modèle, élevé dans le respect du drapeau, le dépassement de soi et la foi chrétienne. Ce jeune homme idéaliste s’engage alors naturellement dans les marines, pour servir son pays et défendre la cause de la liberté.

Oliver Stone, 3 ans après Platoon, continue d’explorer la terrible guerre du Vietnam, véritable traumatisme pour les américains. Il nous livre ici un film choc et poignant sur les désillusions d’un bon soldat et sur l’abandon des héros de guerre par leur propre pays. Les scènes de combat, à proprement parlé, prennent peu d’importance dans ce film. Par contre, l’accent est mis sur les blessures physiques et morales irréversibles causées par cette guerre épouvantable et inutile.

Avec un immense Tom Cruise, faisant passer la détresse et la désillusion, Oliver Stone, au sommet de son art, signe ici une critique sans concession de cette guerre ayant sacrifié toute une jeunesse, au nom d’un idéal mensonger.

Je vais maintenant vous parler d’un cas particulier : celui des objecteurs de conscience, avec un film de Mel Gibson.

 


TU NE TUERAS POINT

Film de guerre australo-américain de Mel Gibson, sorti en 2016, avec Andrew Garfield, Vince Vaughn, Teresa Palmer, Sam Worthington et Hugo Weaving.

« Je ne veux pas prendre des vies humaines, mais je veux en sauver. »

Desmond Doss (Andrew Garfield) est le fils d’un ancien soldat de la Grande Guerre (Hugo Weaving), qui n’arrive pas à surmonter les épreuves qu’il a traversées. Quand l’Amérique entre à son tour dans la seconde guerre mondiale, Desmond s’engage dans l’armée car il veut servir son pays. Mais il y a un problème de taille puisqu’il refuse non seulement de tuer, mais également de porter une arme. Il veut servir en devenant infirmier, pour sauver des vies.

Mel Gibson nous raconte l’histoire vraie de Desmond Doss, premier objecteur de conscience à avoir reçu la médaille d’honneur du Congrès américain pour avoir sauvé 75 hommes, lors de la bataille d’Okinawa.

Dans la première partie du film le réalisateur nous montre le contexte familial dans lequel a grandi Desmond, ce qui explique ses choix et son engagement dans la foi. Et aussi l’incompréhension de l’armée devant ce jeune homme, convaincu qu’il peut servir son pays, sans toucher une arme.

La deuxième partie, elle, développe l’épisode sanglant durant lequel Desmond est devenu un héros. Tu ne tueras point est un film passionnant, porté par un grand réalisateur à la maîtrise parfaite et qui insuffle de l’émotion. Nous sommes plongés dans une bataille d’une extrême violence et pourtant, ce que l’on retient, c’est le courage et l’abnégation du héros. La B.O. de Rupert Gregson Williams, toute en sensibilité, sert à merveille le propos du film. À voir, vraiment !

Et si nous regardions à présent la guerre sous le prisme de Sam Mendes ?

 


JARHEAD : la fin de l’innocence

Film americano-allemand, réalisé par Sam Mendes, sorti en 2005, avec Jake Gyllenhaal, Jamie Foxx et Dennis Haysberg. L’action se déroule pendant la guerre du golfe. En argot militaire, un jarhead est un marine. On peut aussi traduire jarhead par « tête de bocal ».

« Ça, c’est notre travail. On attend ! « 

Nous sommes en 1990. Anthony Swofford (Jake Gyllenhaal) suit le parcours classique des hommes de la famille qui ont tous participé à l’effort de guerre, dans tous les conflits. Alors il s’engage dans les Marines, pour servir son pays.

Après la période difficile de l’entraînement militaire, il est envoyé en Arabie Saoudite pour participer à l’opération « tempête du désert ». Ce long-métrage est un témoignage sur l’absurdité d’une guerre contre un ennemi invisible, et une critique de la politique américaine qui transforme sa jeunesse en machine de guerre….pour l’envoyer surveiller des puits de pétrole !

Le réalisateur filme la guerre sans la montrer, et à la place il nous parle de la frustration et de l’ennui de ces jeunes soldats qui n’ont rien à faire. Grâce à une B.O. énergique et rythmée, aux nombreux gros plans et plans-séquences, ce film est une belle réussite et il est visuellement parfait. Jake Gyllenhaal est quant à lui très juste.

Jarhead, un film de guerre contemporain et atypique, que je vous conseille amplement.

Et maintenant, attention, le film suivant est un film culte, du génial Stanley Kubrick.

 


FULL METAL JACKET

Film britanno-americain, produit et réalisé par Stanley Kubrick, de 1987, avec R. Lee Ermey, Vincent D’Onofrio et Mattew Modine.

« L’arme la plus dévastatrice au monde, c’est un marine et son fusil. »

Fin des années 60. Camp d’entraînement de Parris Island, en Caroline du Sud. Le sergent instructeur Hartman (R. Lee Ermey) est chargé de l’entraînement des nouvelles recrues, pour en faire des Marines. En fait il leur inflige un véritable lavage de cerveau, à coup d’insultes et de punitions. Puis il prend comme tête de turc « la baleine » (Vincent D’Onofrio), une recrue un peu enrobée et aux capacités intellectuelles diminuées. Et c’est par la voix du personnage principal « Guignol », interprété par Mattew Modine, que le réalisateur nous raconte les événements.

Ici, Stanley Kubrick nous questionne sur la guerre du Vietnam et plus généralement sur tous les conflits.

Son film est divisé en deux parties. D’abord, celle consacrée à l’instruction des soldats puis, celle consacrée aux combats. Les deux parties sont aussi terribles l’une que l’autre ! Toutes les deux ne sont faites que de violence et ont un dénouement dramatique.

Film magistral, se terminant par l’offensive du Têt et le questionnement des soldats qui ne savent pas vraiment pourquoi ils sont là. Ce film dérangeant et choquant nous parle du conditionnement des soldats pour les déshumaniser et en faire une arme de guerre. Puis de la terrible réalité des combats et de leurs conséquences sur l’esprit des hommes. Une oeuvre magistrale, qui marque et qui interroge.

Et je terminerai par l’immense film de Christopher Nolan : Dunkerque.

 


DUNKERQUE

Film americano-britannico-franco-néerlandais, écrit et réalisé par Christopher Nolan, sorti en 2017. Avec dans les rôles principaux : Kenneth Branagh, Tom Hardy, Mark Rylance, Fionn Whitehead et Harry Styles.

Mai 1940. Près de 400 000 hommes, anglais principalement, sont acculés sur la plage de Dunkerque. D’un côté, il y a la mer, de l’autre les troupes allemandes. Alors, l’Angleterre met en place l’opération « Dynamo », pour évacuer le plus de soldats possibles.

« On a survécu, c’est tout ! »

Alors là c’est très simple, si vous aimez le cinéma de Christopher Nolan et la musique de Hans Zimmer, vous allez être comblés. Dunkerque va vous offrir une plongée en apnée dans une course contre la montre, n’ayant d’autre but que la survie. C’est un film de guerre particulier, pendant lequel on ne voit pratiquement pas l’ennemi, presque pas de sang, et pourtant où la mort est partout.

Son montage est impeccable, nous plaçant comme si nous étions tour à tour dans le cockpit d’un spitfire, sur la plage avec les soldats, ou à bord des embarcations civiles anglaises pour secourir les soldats. C’est tout simplement du génie ! De plus, la tension extrême de son film ne va jamais vous laisser de répit grâce à une bande son à vous briser les nerfs et à la musique fabuleuse du grand Hans Zimmer.

Et je n’ai qu’un mot à dire, si vous ne l’avez pas vu, courez visionner ce film qui n’est rien d’autre qu’un vibrant hommage à tous ceux dont la vie fut marquée par la guerre.


 

Comme vous le voyez, à chaque grand réalisateur, son film de guerre. Alors j’espère que cet article vous a aidé à changer d’avis sur ce genre de cinéma, et que vous vous laisserez tenter ! Si vous en voulez plus, voici encore quelques films à voir.

Voyage au bout de l’enfer / Joyeux Noël / Apocalypse Now / Platoon / Inglorious Basterds / Fury…

Et bien d’autres encore !
Allez, bon cinéma !

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À voir aussi, Dunkerque : interview vidéo d’un figurant du film !

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2 Comments

  1. Anonyme

    27 février 2018 à 17 h 09 min

    Merci pour cet article les films de guerre ont toujours leur public

  2. Anonyme

    27 février 2018 à 18 h 06 min

    merci pour cet article

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