Pourquoi le western est un cinéma moderne à découvrir absolument ?

WESTERN - TOP250

Si vous voulez vous essayer au Western et que vous pensez que ce genre de cinéma n’est pas pour vous, j’aimerais prouver le contraire avec cet article et vous amener là où vous ne seriez peut-être pas allés seuls.

Je sais par où commencer pour vous faire kiffer les Westerns. Mais avant tout laissez moi vous présenter ce genre de cinéma, qu’on sache de quoi on parle.

western

Qu’est ce qu’un Western classique ?

Ce style de cinéma prend naissance aux États-Unis et nous raconte de manière souvent édulcorée la difficile et cruelle conquête de l’ouest américain par les pionniers : le far west.

Jusqu’aux années 60, le Western domine le cinéma américain. Pendant la période classique il nous est presque exclusivement proposé de la même manière.

Prenez des étendues à couper le souffle, une terre aride balayée par le vent et écrasée de soleil, un gentil cowboy et des méchants indiens ou hors-la-loi. Prenez également des chevaux, une diligence, des pistolets, un saloon, du whisky, la cavalerie américaine surgissant au son du clairon, et que manque t-il encore ? Ah, oui, le chapeau du cowboy. Ca y est, vous y êtes ?
Bon d’accord, je sais ce que vous pensez. Vous vous dites que les films de cowboys et d’indiens ça n’est pas pour vous ! Mais le Western moderne ça n’est plus du tout ça !

 


2 films à voir qui vont vous faire dire : “C’est top les Westerns !”

 

Tarantino : Django Unchained

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Le film par lequel je vous propose de commencer votre initiation c’est Django Unchained de Quentin Tarantino. Oui c’est un Western ! Mais c’est surtout du Tarantino !

Ce talentueux réalisateur revisite à sa manière les codes du genre. Exit le manichéisme archaïque des tous premiers Westerns. Avec Monsieur Tarantino et sa signature unique les codes ont changé. Il faut savoir que le réalisateur voue une passion pour ce style de cinéma. Et avec Django il en magnifie le genre.

« Tuer des blancs et se faire payer pour ça ? Ya rien à redire. »

Django est un esclave, libéré de ses chaînes par un chasseur de primes allemand qui le prend sous son aile pour lui apprendre son métier. Déjà ça commence de manière originale vous ne trouvez pas ? Au fil des jours Django va se lier d’amitié avec le dr. King Schultz et lui raconter son histoire. Il cherche désespérément à retrouver sa femme Broomhilda, esclave elle aussi. C’est ainsi que commence ce Buddy movie.

Les codes du Western sont tous présents dans ce film. Nous avons le chasseur de primes (l’excellent et jubilatoire Christoph Waltz), les grands espaces, les revolvers, le représentant de l’ordre, mais là où le cinéaste apporte une autre dimension c’est lorsqu’il montre que le chasseur de primes est avant tout un être humain malgré sa profession. Il n’est plus question de bons et de méchants, de lutte du bien contre le mal ! Même Samuel L Jackson, esclave lui aussi, se montre raciste à sa manière.

Ce film est un plaidoyer contre la violence et le racisme avec de savoureuses joutes oratoires et un final explosif.

Mention spéciale aux acteurs du film, tous époustouflants. Leonardo Dicaprio est criant de vérité, Jamie Foxx (Django) tient son rôle avec brio et Samuel L Jackson est méconnaissable. Sans oublier la belle Broomhilda (Kerry Washington).

Ajoutez à cela une bande son remarquable qui porte le film et vous verrez que le Western moderne ça vaut le coup !

Bande annonce de Django Unchained

 

Inarritu : The Revenant

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Un autre Western récent qui mérite qu’on s’y arrête, c’est The Revenant du talentueux Alejandro Gonzalez Inarritu.

Si vous ne connaissez pas ce metteur en scène, jetez un œil à sa filmographie. A son actif nous trouvons des films comme Birdman, Babel, Amours chiennes et 21 grammes ! Si vous n’en avez vus aucun je vous encourage fortement à les regarder.

Avec The Revenant il s’essaye au Western moderne et crépusculaire.

La grande force de ce film c’est la nature elle même. Inarritu la filme de manière grandiose. Nous sommes à l’intérieur du décor, nous écoutons le bruit de l’eau et des arbres qui craquent dans le vent.

The Revenant est un film à la beauté violente et cruelle. Et DiCaprio prouve à tous ceux qui en doutaient encore qu’il est un immense acteur. C’est un film qui s’inspire d’une histoire vraie, celle du trappeur Hugh Glass, entré dans la légende après avoir survécu à des conditions de froid et de solitude extrêmes.

« Nous sommes tous des sauvages »

Le pitch : Hugh Glass alias Leonardo Dicaprio est un trappeur qui met ses talents de pisteur au service des hommes du capitaine Andrew Henry. Dès la première scène du film nous entrons directement dans la violence du propos avec l’attaque du campement de trappeurs par les indiens qui déciment leurs hommes. Alors qu’ils rentrent au fort, Glass est sauvagement attaqué par un ours. Il aurait dû en mourir mais il reste en vie. Il est gravement blessé et ses équipiers décident finalement de rentrer sans lui. Ils le laissent à la surveillance de John Fitzgerald (Tom Hardy) car ils sont persuadés qu’il ne va pas survivre, et que Fitzgerald les rejoindra sous peu. Et je ne vais rien spoiler. Sachez seulement que c’est la vengeance de Glass que nous raconte Inarritu. Vengeance qui va le faire survivre alors qu’il aurait dû mourir 10 fois.

The Revenant est un Western moderne dans lequel tout n’est pas blanc ou noir. Les mauvais ne le sont pas entièrement, les indiens ne sont pas uniquement de méchants sauvages et les hommes ne sont que des hommes après tout. Leur seule force sur cette terre sauvage, celle qui malgré tout les maintient en vie, c’est l’amour.

Bande annonce de The Revenant

Maintenant que vous avez vu que les Westerns sont avant tout des films d’aventure et d’action dans lesquels les rapports humains sont essentiels, il est temps que je vous parle de 3 réalisateurs d’exception et de leurs 3 Westerns incontournables.

 


3 stars qui bousculent le Western : 3 films cultes à voir

 

Les frères Coen : True Grit

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En 2010, les frères Coen nous offrent un Western particulier, comme sait l’être leur cinéma : True Grit.

« Tout se paie en ce monde, rien n’est gratuit »

Ce film nous raconte le voyage initiatique d’une adolescente de 14 ans, Mattie, déterminée à venger l’assassinat de son père Frank Ross par le lâche Tom Chaney (Josh Brolin). Elle engage pour l’aider à retrouver Chaney, réfugié en territoire indien, le Marshall Rooster Cogburn alias Jeff Bridges, un homme vieillissant et alcoolique. Se joint également à eux Laboeuf, un Texas ranger joué par Matt Damon. Et c’est l’histoire du périple de ces 3 protagonistes improbables que nous conte True Grit.

Ce film a connu un immense succès aux États-Unis. Si True Grit est un pur Western avec des cowboys à cheval, des pistolets et des bandits, c’est aussi un film d’aventure et une réflexion sur la nature humaine.

Bande annonce de True Grit

 

Tommy Lee Jones : The Homesman

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Tommy Lee Jones a souvent joué dans les Westerns et The Homesman est le deuxième Western qu’il réalise et dans lequel il joue, après l’excellent 3 Enterrements.

Enfin un Western où le rôle principal est tenu par une femme ! C’est vrai que ce genre de cinéma est souvent une histoire d’hommes faite par des hommes.

The Homesman est un film poignant, dont le scénario original nous déroute et nous surprend. Nous y voyons à quel point la vie peut être dure avec les hommes et les femmes. La nature hostile, le froid, la maladie, la solitude, tout est fait pour vous décourager et vous rendre fou.

« La vengeance de Dieu s’abattra sur toi »

Nous sommes dans le territoire du Nebraska en 1855. 3 femmes devenues folles par la rudesse de leurs vies sont bannies par la communauté et sont en route pour l’Iowa où elles vont être confiées à une institution tenue par Meryl Streep. C’est Mary Bee Cuddy, une pionnière indépendante et solitaire qui va les y conduire. Elle sera accompagnée de Tommy Lee Jones dans son aventure périlleuse.

Dès les premières images le réalisateur nous plonge dans la dureté et la tristesse de son film.

La scène d’ouverture est d’une violence inouïe alors qu’il ne ne passe rien d’autre qu’un repas entre un homme et une femme. Regardez The Homesman et vous aussi vous serez bouleversés. Hilary Swank est d’une justesse et d’une retenue dans le rôle de cette femme forte et pourtant si seule ! Quant à Tommy Lee Jones, il nous prouve que le Western lui va comme un gant et que son talent d’acteur est à la hauteur de sa réalisation.

Bande annonce de The Homesman

 

Kevin Cosner : Danse avec les loups

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Danse avec les loups, film culte de Kevin Costner sorti en 1991. Et pourtant, pour l’avoir revu récemment, il n’a pas vieilli. Il dure 3 heures, 4 pour sa version longue, mais on ne se lasse pas.

D’ailleurs Quentin Tarantino a dit de ce film que c’était le meilleur Western de tous les temps.

« L’ironie de l’existence n’a pas de limites »

C’est l’histoire du lieutenant nordiste John Dunbar (Kevin Costner), héros de la guerre de sécession, qui obtient à sa demande un poste dans l’ouest sauvage car il veut se libérer de l’horreur de la guerre. Ce fort abandonné et dans lequel il se retrouve seul va l’aider à s’interroger sur la vie. C’est un temps qu’il va mettre à profit pour réfléchir et se plonger « dans l’océan infini des grandes plaines. » Il tient un journal de bord où il consigne les événements et réflexions du quotidien. Mais sa rencontre avec le peuple Sioux va radicalement changer sa vie.

Ce Western casse les codes du genre. Costner nous montre que les indiens ne sont plus une menace et que les imbéciles dont il faut se méfier ce sont les blancs et plus particulièrement l’armée américaine.

Dans ce film Kevin Costner est jeune et terriblement beau, les décors grandioses nous remplissent les yeux et la sagesse et l’humanité des indiens nous réchauffe le coeur.

Mais attention, ce film ça n’est pas de la guimauve, il n’est pas du tout mièvre ! Il a tout de même obtenu 7 oscars !

Extrait de Danse avec les loups


Et je terminerai cet article par 2 réalisateurs formidables et leurs 2 films cultes.

 


Les 2 grands maîtres incontestés du Western

 

Sergio Leone : Il était une fois dans l’Ouest

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Comment ne pas parler de ce géant et de ce qu’il a apporté aux Westerns.

Avec lui tout va changer, c’est l’avènement du Western Spaghetti et ça n’a rien de péjoratif. C’est un virtuose au talent inimitable et qui a inspiré de nombreux réalisateurs, notamment Clint Eastwood qu’il a dirigé dans sa trilogie des dollars et dans le bon, la brute et le truand.

Alors que le Western vivait ses dernières heures en Amérique, Leone a donné un nouveau souffle au genre. C’est à partir de cette période que j’ai commencé à aimer les Westerns.

La réalisation de Leone, faite de gros plans sur les visages burinés des acteurs a apporté une dimension nouvelle à ce cinéma, et le talent musical exceptionnel du Maestro Ennio Morricone a rendu ses films inoubliables. Sergio Leone a révolutionné le Western !

Dans Il était une fois dans l’ouest, les gros plans sur les visages des acteurs et principalement sur leurs yeux annulent la caméra. C’est comme si nous étions dans le film, au coeur même de l’action.

Les notes d’harmonica que Charles Bronson égrène nous enveloppent totalement. Elles sont jouées pour nous ces notes, elles nous prennent aux tripes et elles nous restent dans la tête longtemps après la fin du film.

« Il joue de l’harmonica et il joue aussi de la gâchette »

Ce film est un hommage aux Westerns de John Ford, avec Henry Fonda, Claudia Cardinale, Charles Bronson et Jason Robards. Nous y trouvons la signature typique des Westerns : l’homme d’affaires véreux, la putain, le bandit romantique et le vengeur ; des chevaux, de la poussière et des revolvers.

Tout commence par une fusillade sur le quai d’une gare qui laisse derrière elle 3 cadavres nous faisant supposer que ce ne seront pas les derniers. C’est l’histoire de la vengeance de l’homme à l’harmonica (Charles Bronson) et de la naissance d’une nation. Film culte et sublime. À voir et à revoir !

Bande annonce de Il était une fois dans l’Ouest

Extrait de Il était une fois dans l’Ouest

 

Clint Eastwood : Impitoyable

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Quatrième Western de Clint Eastwood réalisateur dans lequel il tient le rôle principal et dont il a composé la musique. Il a dédié son film à Sergio Leone et Don Siegel, les réalisateurs qui lui donnèrent sa chance et lui permirent de quitter les séries B.

C’est le meilleur Western que Clint Eastwood ait mis en scène !

Le réalisateur casse le mythe idéaliste de l’ouest américain et nous en montre toute la violence et l’âpreté. Il démystifie la légende des tueurs en les montrant comme des lâches qui vous tirent dans le dos. Et il donne aux femmes un rôle bien plus important que la femme fragile et soumise à son époux. Même si ce sont des putains elles ont le droit au respect et à la vengeance.

Comme souvent Eastwood s’est attribué le rôle de l’anti-héros, il est vieillissant, faible, maladroit et il tombe malade.

« C’est quelque chose de tuer un homme. On prend tout ce qu’il a et tout ce qu’il n’aura jamais. »

Billy Munny (Clint Eastwood), ancien tueur alcoolique, a raccroché de son passé de violence par amour pour sa femme, aujourd’hui morte. Mais un jour son destin le rattrape et, pour une poignée de dollars, il va reprendre du service.
Pour l’aider à abattre 2 cowboys ayant défiguré une prostituée il va demander de l’aide à son ancien compagnon de tueries Ned Logan (Morgan Freeman) et à un jeune apprenti tueur quelque peu myope !
Mais c’est sans compter sur la cruauté du Marshall Little Bill Daggett (Gene Hackman) un ancien tueur lui même, qui interdit les armes dans sa bourgade de Big Whiskey.

Impitoyable est un Western vraiment atypique où les héros sont vieillissants, où les tueurs hésitent et renoncent, où les hommes de loi sont violents et cruels. Mais c’est également un hommage au genre car Eastwood, à la manière de John Ford, filme les grands espaces, les nuits à la belle étoile et les chevauchées fantastiques.

Bande annonce de Impitoyable


J’espère avec cet article vous avoir donné envie d’aller plus loin et de découvrir d’autres pépites du genre. Voici quelques suggestions de Westerns qui vont sûrement vous plaire :

3h10 pour Yuma
Comancheria
Open range
3 enterrements
Albert à l’ouest (pour passer un bon moment sans prise de tête et se marrer).

Et bien-sûr la trilogie des dollars et en particulier Pour une poignée de dollars, film cultissime et excellentissime !

Et je terminerai par un Western que j’ai vu tout récemment : Bone Tomahawk, attention ce film comporte des scènes d’une violence extrême !

Sinon, vous savez qu’ALICE (notre Intelligence Artificielle) est là pour vous simplifier la tâche en vous faisant des recommandations personnalisées de films qui vont vous plaire. Alors, bon cinéma !

Pour découvrir TOP250 c’est par ici 🙂

 

Et vous, quel est votre genre de cinéma préféré ? Dites moi ça en commentaire.

 


> A voir aussi, mon article sur Tarantino :

Quentin Tarantino : Pourquoi ce réalisateur aux 8 succès est-il si génial ?

Natacha. Mon profil TOP250 : @natacha

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