Les Nanars : un genre plus complexe qu’il n’y parait !

nanar

Les nanars divisent chez les cinéphiles : ou ils sont considérés comme des étrons faisant honte au genre par certaines ou certains, ou comme un sous-genre à part qui a toute sa légitimité pour d’autres.

Je fais clairement partie de la seconde catégorie, et vais tenter dans ce petit top de vous donner un aperçu de mes récents coups de cœur en la matière.

Les nanars, une catégorie difficile à cerner

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un nanar ?

Selon le dictionnaire Larousse, c’est un « film inintéressant, médiocre, un navet ». Je pense que cette définition est fausse. Car la grande qualité du nanar, qui le différencie justement d’un navet, c’est sa capacité à divertir. Un film si mauvais qu’il en devient drôle. Bref, une comédie involontaire en somme.

Même dans ce sous-genre, il existe différentes sous catégories.

 


Les nanars basiques

Le nanar est souvent pétri de bonnes intentions, mais il se perd dans les méandres de la réalisation à cause d’un budget bien trop faible, d’enfers de production qui le force à s’étirer sur de trop longues années, ou à cause d’une équipe trop inexpérimentée pour faire l’affaire.

C’est aussi ça, la force du nanar : fait avec amour et passion, il se vautre lamentablement, mais possède tout au fond une dignité majestueuse qui force le respect sous nos éclats de rire. C’est le principe de base du nanar qui a forgé le genre, et qui continue de perdurer dans beaucoup de productions de nos jours.

 

• Le classique du genre : Plan 9 from Outer Space

Le réalisateur Edward Wood est souvent considéré comme l’inventeur du nanar. Persuadé d’être un génie incompris par son temps, il a, entre 1948 et 1972, produit une quantité phénoménale de films, tous plus mauvais les uns que les autres.

Il arrivait cependant toujours à avoir un casting alléchant ainsi que des idées scénaristiques prenantes, mais son manque de budget, d’expérience, ainsi que sa capacité à ne pas écouter les conseils des autres, lui valurent le titre de plus mauvais réalisateur de la planète. Encore aujourd’hui, ce titre n’est remis en question que par notre cher Uwe Boll, qui possède aussi cette capacité narcissique à ne jamais se remettre en question.

Plan 9 from the outer space est le plus grand classique réalisé par Ed Wood, et semble être un passage obligé pour quiconque s’intéresse de près ou de loin au sujet. Si la vie d’Ed Wood vous intéresse, je ne peux que vous conseiller l’excellent biopic de Tim Burton, avec un Johnny Depp encore au top de sa forme. Ou dans un genre plus sérieux, l’excellent épisode de « l’Oeil du Cyclone » consacré à la carrière du réalisateur.

Film Plan 9 from Outer Space

• Vercingétorix, starring notre Christophe Lambert national

Christophe Lambert est un acteur à la carrière disons… chaotique. Il démarre pourtant relativement bien, avec un Highlander qui se fait louer par la critique et enchaîne avec quelques rôles dans des comédies romantiques qui le font devenir la coqueluche du cinéma français. Mais très vite, il s’oriente dans des projets de plus en plus mauvais.

Le film qui enfoncera définitivement sa carrière et lui donnera à jamais l’image de « l’acteur à nanar » est Vercingétorix. Dire de ce film qu’il est raté serait insulter l’échec lui-même. L’idée de base semblait pourtant bonne, mais Christophe Lambert dira lui-même durant les interviews que ce sera le tournage le plus éprouvant de sa carrière. L’équipe était perdue, le réalisateur dépressif et instable.

Christophe Lambert devra à tour de rôle assumer la casquette de psychologue, réalisateur, et même perchiste pour le son ! Le résultat est ce qu’il est : un film si mauvais de bout en bout, si raté dans son montage et sa mise en scène qu’il en devient jouissif.

Hommage à la scène de la cape rouge de César qui se fait la malle en plein dialogue ultra sérieux : on ne t’oubliera jamais, petit tissu précieux.

Bande annonce de Vercingétorix

• The Borrower, la cheaperie au service du mauvais scénario

Parfois, un résumé vaut mieux que mille mots. Borrower est l’histoire d’un extraterrestre qui a commis un crime sur sa planète.

Comme punition, il est envoyé sur terre et obligé d’y vivre comme un être humain. Mais sa tête explose sous la pression de la gravité terrestre. Il va donc être forcé de voler la tête de terriens pour se cacher parmi la population.

Ça va, vous le sentez déjà le foirage annoncé ? C’est à se demander si quelqu’un a relu le script avant d’engager une équipe pour travailler dessus. A ce scénario déjà parfait il faut ajouter des effets spéciaux d’une médiocrité sans nom, qui nous feraient presque oublier que Jurassic Park sortira à peine deux ans plus tard.

Les explosions de tête sont bouffonesques, la gestion de la lumière catastrophique, le montage saccadé et vomitif, les scènes d’action complètement brouillonnes … Et c’est bien sûr une expérience jouissive. A réserver aux âmes les plus accrochées cependant, car le film est très gore (même si le sang pue le fake (ou le ketchup) à plein nez.)

Bande annonce de The Borrower

 


Les nanars volontaires

Il y a depuis quelques années une « mode » et un engouement autour des nanars qui ont poussé certaines compagnies à produire des nanars gros budgets qui imitent des blockbusters hollywoodiens.

On appelle ceux-là des mockbusters. World War Z devient Apocalypse Z, Terminator se transforme en Terminatorz, et Paranormal Entity se moque de Paranormal Activity. Bref, en somme on capitalise sur des productions gros budgets en changeant légèrement le nom et en espérant que papy et mamy se tromperont de DVD à mettre sous le sapin pour faire plaisir au petit dernier de la famille.

J’ai personnellement un peu de mal avec la démarche mercantile et intéressée derrière les productions de ces sociétés. À trop se spécialiser dans le « on fait du nanar pour faire plaisir aux fans du genre », ils ont tendance à perdre l’esprit et la force du nanar, à savoir la passion et l’envie de faire des grands films à la base.

Il n’y a qu’à voir la saga Sharknado et ses multiples suites, qui ont désormais un budget équivalent à un blockbuster moyen budget. Pour la petite anecdote, Tara Reid a d’ailleurs été plus payée pour Sharknado 5 que Gal Gadot pour Wonder Woman ! Mais ces sociétés recèlent quand même parfois des pépites inattendues…

 

• Attila : la preuve que les grands personnages historiques inspirent les meilleures histoires… Ou pas !

Si l’idée de faire un Vercingétorix à la sauce film historique semblait plutôt bonne sur le papier, force est de constater que l’équipe derrière Attila partait déjà mal avec leur idée de base. Pensez donc : on y retrouve ici une équipe d’archéologues qui retrouve la momie d’Attila. Évidemment grâce à la force du scénario pourri, la momie se réveille et va tout péter sur son passage… Ce film, c’est du pur génie.

De l’acting aux effets spéciaux dignes d’une production playstation 1, rien ne va. Mention spéciale aux roquettes et bazookas en caoutchouc qui rebondissent et tremblent durant les scènes d’action… C’est dans ce film que j’ai eu l’occasion pour la première fois de voir des faux raccords lumière dans un champ contre/champ ! +

Alors oui le projet a été récupéré par Asylum et sa ligne de production détestable… Mais je sens malgré tout l’essence première du nanar qui se veut grand, épique et sérieux, dans ce film si raté que je ne peux que l’aimer de tout mon cœur.

Bande annonce de Attila

• Les sociétés Good Films, Dingo Pictures… et autres joyeusetés animées.

Je ne pioche pas un film en particulier dans ces sociétés là tant ils se ressemblent tous et tant ils peuvent tous être résumés de la même manière : dans les années 90, Disney connaît son second âge d’or grâce à la Petite Sirène. Voguant sur le succès de leur concurrent, de nombreuses sociétés de production opportunistes ont plagié ces dessins animés avec le minimum d’effort possible.

Le résultat est à mourir de rire, si on arrive à passer outre les graphismes vomitifs. L’animation se contente souvent de deux frames qui tournent en boucle, les personnages sont recyclés d’un film à l’autre, le scénario reprend plan pour plan les films de Disney et le tout est réalisé avec un budget risible. Les films de ces sociétés sont souvent disponibles gratuitement sur Youtube et je ne suis pas fan du piratage, mais pirater le travail de personnes qui plagient (mal) les réalisations des autres n’est qu’un juste retour des choses.

Si le sujet vous intéresse, je vous conseille d’ailleurs de jeter un œil à la chaîne Youtube de Phelous, qui chronique les films un à un mais réalise aussi des historiques de ces sociétés mercantiles qui ont fleuri dans les années 90. Des heures de fou rire en perspective !

• Isis Rising, Curse of the Lady Mummy de Tom Cat Films : la relève de Asylum

Bien sûr, des sociétés distributrices de films Z « faits exprès », il en existe encore des tas, mais le cas de Tom Cat Films me paraît intéressant. Créée en 2007, cette société est relativement nouvelle sur le marché du film et a pour ambition, volontaire ou non, de prendre la relève d’Asylum… en créant des parodies des films d’Asylum !

Atomik Shark, Aliens vs Aliens font partie des titres phares de TomCat et plagient directement les Sharknado, Aliens vs Hunter et autres mockbusters. J’avoue me questionner beaucoup sur l’intérêt de parodier ce qui parodie et plagie déjà des succès. Le nanar est à la mode, les sociétés de production en profitent, mais à quel prix pour l’esprit de la chose ? Allez, il y a quand même quelques perles à sauver dans le catalogue de TomCat, comme leurs nanars sur les thèmes de la Momie qui m’allèchent particulièrement…

Isis Rising est un film (très) sexy et (très) mauvais, qui n’a gardé de l’Egypte que les tenues légères des courtisanes, et de l’esprit des films La Momie que l’idée de la malédiction millénaire. L’essentiel, en somme, pour faire un bon nanar.

Bande annonce de Isis Rising

 


Les nanars magnifiques

J’en avais déjà un peu parlé dans mon dossier sur les meilleurs films à regarder pour Halloween, mais il existe une catégorie de nanars spéciale.

Une catégorie parfaite, exceptionnelle, les perles rares que cherche tout amateur du genre : les nanars gros budgets qui se prennent au sérieux et ont l’impression d’être de futurs grands classiques… alors qu’ils se vautrent lamentablement.

 

• Gods of Egypt : la splendeur mythique d’un nanar héroïque

Qu’est-ce qui se passe avec l’Egypte Antique ? Une si belle et si grande civilisation réduite à n’être qu’une source inépuisable d’inspiration pour les nanars. Quelle déchéance !

Bref, je sais que j’avais déjà parlé de Gods of Egypt dans un précédent dossier, mais j’ai envie de le remettre sur le devant de la scène : un des exemples récents les plus parlant est « Gods of Egypt », réalisé pourtant par Alex Proyas, un mec qui a de la bouteille.

The Crow, Dark City : c’est lui. Alors qu’est-ce qui a pu se passer pour qu’on passe du mec qui a inspiré Matrix à … ça ? Gods of Egypt est un film ridicule mais génial à voir entre potes. Tout y est tellement forcé, des acteurs qui veulent incarner de grands Dieux mais sont contraints de déclamer des dialogues grotesques, aux costumes et décors qui en font des caisses sans jamais se soucier d’une quelconque cohérence historique (les mecs, la tenue des gardes militaires, c’est une tenue de samouraï ! ).

Près de 75 millions de budget et une dizaine d’années de réflexion ont été nécessaires pour nous pondre ce que beaucoup considèrent, à juste titre, comme la relève du nanar. Une chute vertigineuse et élégante qu’il sera difficile de réussir à surpasser, et qui risque de signer prématurément la fin de la carrière d’Alex Proyas.

Bande annonce de Gods of Egypt

• Ultraviolet, Milla Jovovich over the top

Si Christophe Lambert est connu pour sa carrière nanardesque, son pendant féminin pourrait être Milla Jovovich. Elle aussi démarrait pas trop mal avec Luc Besson, mais a très vite déchanté en se tournant vers des films d’action au mieux moyens, au pire totalement honteux. J’aurais pu parler de la saga Resident Evil, mais j’ai préféré jouer sur un terrain un peu moins connu pour sublimer notre chère Milla. (Et puis avouons le, la carrière de Paul WS Anderson mériterait un dossier à elle seule).

Ce que j’aime chez Milla, c’est sa capacité à toujours jouer ultra sérieusement (et caricaturalement, cela va sans dire), même dans des films totalement barrés. Ultraviolet fait partie de cette catégorie là. On sent que le film a envie de créer une esthétique et un monde particulier, mais qu’il se vautre lamentablement.

Constamment baigné dans un espèce de flou qui n’est pas sans nous rappeler l’effet gratuit « contraste flou Sony » de Sony Vegas Pro, Ultraviolet est un projet laid qui allie des costumes futuristes et ultra sexys à une Milla qui joue du Milla : une femme froide et sexy victime de manipulations génétiques, en quête de vengeance.

Vous l’aurez donc compris, le scénario est inexistant, l’esthétique à la ramasse, et le jeu d’acteur grandiloquent. Petit point bonus : la présence omniprésente de techno futuriste en fond sonore, placée aléatoirement dans le film. Pour un budget de près de 40 millions de dollars, le film ne vaut pas mieux que les productions Asylum à 5 millions. Un must du must, qui échoue magnifiquement tout ce qu’il entreprend.

Bande annonce de Ultraviolet

 

• Mortal Kombat, le film qui a cru devenir si culte qu’il s’est permis une suite…

Je sais, taper dans le Mortal Kombat quand on parle de nanars, c’est un peu comme évoquer le cri de la carotte dans un débat avec les végans, mais passons outre cette évidence pour se pencher sur ce cas qui est, à mon sens, LE nanar magnifique par excellence.

Le premier film a eu un succès assez étonnant au box-office lors de sa sortie, bien que les critiques l’aient descendu en tapant sur ses mauvais effets spéciaux, son acting minable (encore Christophe Lambert au casting !) ou encore son scénario cousu de fil blanc.

Pourtant, fort de son succès financier, le film a trouvé des producteurs et réalisateurs qui ont cru qu’ils tenaient une nouvelle grande saga populaire. A tel point qu’ils ont eu le courage de sortir un second opus. Je trouve l’histoire de cette saga sensationnelle. Avoir des personnes, producteurs, réalisateurs, équipe technique, aussi aveuglés par le pseudo succès de leurs films sans jamais se rendre compte qu’ils foncent droit dans le mur, force presque l’admiration.

Bien entendu, Moral Kombat est une des pires sagas cinématographiques qui soit, et je n’ai pas besoin d’en rajouter sur ses défauts tant tout Internet en a déjà parlé. Considérez donc mon humble ajout comme un simple rappel sur le « cas » Mortal Kombat, et comme un memento pour vous pousser à les voir au plus vite si ce n’est déjà fait.

Bande annonce de Mortal Kombat

 


Bonus : LE nanar impardonnable

Il existe enfin un dernier cas de figure assez incompréhensible parmi les nanars. Des films qui ont tout pour réussir : une équipe solide et expérimentée, du budget, une cohérence scénaristique, et un temps de développement tout à fait correct.

C’est le genre de projets face auquel on se demande donc ce qui a pu foirer pour que l’on obtienne un résultat pareil, souvent risible, parfois triste dans son échec, mais toujours nanardesque à souhait.

Ces films, au fond, me mettent presque en colère tant je me dis que pour arriver à un tel résultat alors que le projet démarrait sous de bons augures, il a fallu un manque de dévouement et une fainéantise aiguë pour arriver à s’auto-saborder à ce point là.

Mesdames, Messieurs, voici un film mauvais, risible, et complètement impardonnable dans son échec.

 

• Les Visiteurs 3

C’est rare de trouver réunis dans un seul film autant de défauts qui sont imputables uniquement à l’incompétence et la fainéantise de l’équipe.

Entre la lumière qui est gerbante (ce film comporte les pires nuits américaines qui soient), les rares effets spéciaux qui ne feraient jamais soupçonner qu’il y a plus de 20 ans entre le deuxième et le troisième opus, et le scénario INCOMPRÉHENSIBLE de bout en bout qui laisse sur le cul face à tant de vacuité, les visiteurs : la révolution est un échec cuisant.

Le seul acteur qui arrive à incarner son personnage avec une relative finesse est Franck Dubosc, et pour que j’écrive ça, c’est que ce film touche vraiment le fond. Ce film est à hurler de rire, mais pas pour les bonnes raisons, et je pense qu’il mériterait un dossier à lui seul pour parler de ses innombrables défauts.

Mention spéciale à Jean Reno, que l’on n’a pas vu sur les écrans depuis longtemps, et quand on voit sa capacité d’acteur dans ce film on comprend pourquoi : est-il malade ? A-t-il des soucis personnels ? Ou doit-il reprendre des cours pour se rappeler ce qu’incarner un personnage veut dire ? Mi risible, mi pathétique, il a perdu dans ce film toute la superbe grand guignolesque des Montmirail. Et je ne vous parle même pas de Christian Clavier, qui en fait des caisses et n’est jamais crédible une seule seconde.

Mon cher et tendre a une très belle expression pour parler de sieur Clavier : « ce mec a la main de Midas inversée : tout ce qu’il touche, il le transforme en merde. » Je pense qu’il n’y a rien de plus à ajouter.

Bande annonce des Visiteurs la révolution

 


Pour conclure :

J’espère que ce petit aperçu vous aura donné envie de vous pencher un peu sur le cas des nanars !

Que l’on aime ou non ce genre, ils sont toujours très intéressants à de multiples points de vue. Tout d’abord ils nous informent assez justement des enfers que doivent parfois traverser les équipes créatives de films pour parvenir à sortir leur projet.

Ils sont aussi passionnants d’un point de vue sociologique, nous renseignant sur les tendances et fantasmes cinématographiques d’une époque en nous montrant ces auteurs qui veulent imiter les plus grands mais qui n’ont pas les moyens de leurs ambitions.

Enfin, les nanars restent passionnants dans leur but premier : être de grands moments de cinéma, nous montrer les défauts d’un film et ses échecs à partager entre potes autour d’une bière pour encore plus de bonheur… Longue vie aux nanars !

PS : Si vous voulez en voir plus, n’hésitez pas à retourner voir mon dossier Halloween : il y a quelques nanars inédits dans le lot … Bonne lecture !

2018 débutant, y a-t-il des nanars qui vous font envie et qui vont sortir sur les écrans prochainement ?

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Le Cinéma WTF japonais c’est quoi ?

 

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