Le meilleur de Luc Besson… en 5 éléments !

luc besson

Qui est Luc Besson ?

Producteur, scénariste et réalisateur, Luc Besson est un entrepreneur, avec 17 films à son actif en tant que réalisateur et plus de 50 en tant que producteur.

C’est un self-made man et un businessman talentueux. Un artiste hors pair, sensible et terriblement doué. Peut-être le plus américain de nos réalisateurs français, il a su imposer son talent au fur et à mesure des années et pourtant il reste incompris des critiques, malgré sa réussite.

Pour moi, Besson n’a jamais été autant génial que lors de ses premiers films. Son univers me parlait et me touchait et je ne suis pas la seule. Durant cette première période de son art le réalisateur a bâti un univers rempli de personnages en décalage avec les autres, ayant souvent du mal à vivre leurs propres vies. Dans cet article je vais vous montrer que ses 5 merveilleux premiers films forment un cycle qui se termine avec le cinquième élément, et qu’il a produit durant cette période le meilleur de son cinéma et du cinéma français.

Film Léon

 


1. LA TERRE :  Subway

Film subway

Subway est le deuxième film du réalisateur et son premier gros succès commercial. Nous sommes en 1985. Film avec Isabelle Adjani, Christophe Lambert, Jean Reno, Jean-Hugues Anglade et Michel Galabru. Subway a totalisé près de 3 millions d’entrées en France.

« Police, menottes, prison ».

L’action de Subway se déroule dans le métro parisien et l’exploit du réalisateur c’est qu’à aucun moment on ne se sent oppressé. Film original et rythmé par la musique d’Eric Serra, au scénario somme toute assez pauvre, mais qui a séduit les spectateurs. Sans doute parce que Besson sait filmer, cadrer, monter et associer la musique à l’image.

Fred a dérobé des papiers importants dans le coffre d’Héléna. Il est traqué et se réfugie dans le métro pour échapper à ses poursuivants. C’est là que vivent toute une galerie de personnages étonnants, individus à la marge de la société et qui ont reconstruit sous terre leur univers. Même les flics sont des êtres à part dans ce film. Eux aussi, comme les délinquants qu’ils traquent, sont condamnés à travailler sans voir la lumière du jour. Et c’est ce mélange des genres qui rend ce film original et attachant.

Tous les ingrédients qui vont faire le succès des films de Besson sont déjà présents dans Subway.

L’action démarre par une course poursuite dans les rues de Paris pour se terminer dans le métro. Les scènes de roller filmées par le réalisateur sont aériennes et stupéfiantes. C’est comme dans un rêve, lorsqu’on est capable de tout et que rien ne nous arrête. Les comédiens, pourtant débutants pour certains, sont tous très justes et Adjani est belle à mourir. Voilà pourquoi ce film connut un tel engouement populaire.

Et même s’il a un peu vieilli parce trop campé dans le style bien marqué de son époque, il est surprenant de constater qu’il se regarde encore aujourd’hui avec plaisir.

Avec Subway Luc Besson a posé les bases de son style et grâce au succès naissant il peut réaliser LE film de sa vie : Le Grand Bleu.

 


2. L’EAU : Le Grand Bleu

Film le grand bleu

Tout a vraiment commencé pour Luc Besson avec Le Grand Bleu. Nous sommes en 1988, il a 29 ans.

Ce film est librement inspiré de la vie du plongeur en apnée Jacques Mayol. Il marque la consécration du réalisateur, même si les critiques ne l’ont pas épargné. Le public, lui, ne s’y est pas trompé et en a fait l’un des plus grands succès cinématographiques.
Le Grand Bleu, un film devenu culte et qui a marqué toute une génération. De fait, il y a forcément dans le cinéma français un avant et un après Le Grand Bleu !

Mais comment expliquer un tel succès avec 9,2 millions de spectateurs en France ?

Si ce film connaît une telle réussite c’est avant tout parce que Luc Besson maîtrise son sujet.

En effet si le réalisateur n’avait pas subi un accident de plongée à 17 ans il serait sûrement devenu instructeur de plongée, comme ses parents. Alors c’est sûr, la mer n’a aucun secret pour lui.

Le Grand Bleu débute avec un plan d’ouverture identifiable et qui est sa signature. La caméra survole une étendue d’eau et nous voilà au COEUR du film, comme en plongée et bercés par la musique incomparable d’Eric Serra.

Le cinéaste reprendra ce plan d’ouverture pour Nikita, Léon, Le 5ème Elément. La caméra filme une chaussée mouillée, un champ d’astéroïdes, Central Park, toujours accompagnée de la musique planante d’Eric Serra.

« Roberto, mio palmo »

Le Grand Bleu est un film à la puissance émotionnelle extraordinaire, certainement grâce au jeu des acteurs et à la présence quasi mystique que Jean-Marc Barr donne à son personnage. Jean Reno, fidèle au réalisateur depuis ses débuts est bien là et il donne au film un relief incroyable. Il est macho à souhait et tellement attachant ! Jean-Marc Barr, lui, est fragile et sensible. Mais ces 2 là se comprennent sans se parler car ils vouent une même passion à la mer, depuis leur enfance.
D’ailleurs Enzo en parle comme s’il s’agissait d’une femme. « Je sais toujours quand la mer a envie de moi ».
Et puis il y a la jolie Rosanna Arquette qui s’est perdue lorsqu’elle a croisé le regard de Jacques.

En fait, le scénario du Grand Bleu est très simple, il nous raconte une compétition de plongeurs en apnée : et pourtant il a ému toute une jeunesse et il est devenu culte. Et lorsqu’à la fin Johanna dit à Jacques : « go and see my love », Luc Besson a fait mouche, son film va nous hanter pour longtemps.

Pourtant ça n’était pas gagné ! Lorsqu’en 1998 le Grand Bleu fait l’ouverture du festival de Cannes, la critique lui réserve un accueil glacial. Luc Besson en sera profondément meurtri, mais devant le succès populaire, il décide de sortir une version longue de son film avec cette phrase incroyable : « N’y allez pas, ça dure 3 heures ».

Petite anecdote au passage, c’est le propre père de Besson qui joue le père de Jacques dans le film et le réalisateur y fait une courte apparition en tant que plongeur.

Ce film c’est toute sa vie, tout ce qu’il aime et le public l’a bien compris. Un film magique qui traverse les années sans dommages.

Le style Besson est maintenant bien en place et la suite va nous le confirmer.

 


3. LE FEU : Nikita

En 1990 il réalise Nikita avec Anne Parillaud, Tchéky Karyo, Jean-Hugues Anglade et Jean Reno. Ce film totalise plus de 3 millions d’entrées en salle et Anne Parillaud reçoit le César de la meilleure actrice.

« Victor, nettoyeur »

Nikita est un film d’action à l’américaine. La scène d’ouverture du film est d’une violence incroyable, scène choc avec la musique d’Eric Serra qui fait de Nikita un film punchie et nerveux. C’est le début des personnages féminins à la Besson, forts et fragiles à la fois.

Nikita, c’est l’histoire d’une junkie qui, suite au braquage d’une pharmacie pour se procurer sa drogue, tue un flic. À partir de là sa vie va radicalement changer. Elle est condamnée à perpétuité et récupérée par les services secrets qui vont l’instruire et en faire une arme au service de l’état.

Anne Parillaud est excellente dans le rôle de cette femme paumée et marginale qui va petit à petit s’humaniser et apprendre les codes de la société, mais qui doit malgré tout payer sa dette. Et elle va en payer le prix fort.

Pour ce film Luc Besson va utiliser tout son talent de mise en scène et lui insuffler ce supplément d’âme qui n’appartient qu’à lui et en faire bien plus qu’un film d’action à l’américaine. Il y imprime sa patte, et il le rend incontournable.

Nikita, c’est le FEU et en même temps la fragilité. Un film inoubliable servi par des acteurs au top. On commence à comprendre ce qui motive notre frenchie. Il compte imposer son style et il le fait avec brio.

Puis c’est au tour de Léon.

 


4. L’AIR : Léon

Film Léon

Alors Léon c’est vraiment une réussite du genre. 5ème long métrage de Luc Besson et premier film tourné aux États Unis, Léon est un succès populaire avec plus de 3,5 millions de spectateurs en France.

« La mort est capricieuse aujourd’hui »

Le film s’ouvre sur un travelling au-dessus de Central Park avant de nous plonger dans la réalité, lors de la sublime première scène d’action. L’univers de Léon est aérien. Ce personnage, à l’allure déguingandée de clown triste, traverse ce monde sans y laisser d’empreinte, il est invisible. Il n’a pas d’amis, pas de famille, pas d’amour, et c’est ce qui lui permet d’être efficace dans son métier. Jean Reno est un tueur à gages solitaire et sans attaches, qui vit déconnecté du monde, en marge, comme souvent dans le cinéma de Besson. Et il rencontre Mathilda (Natalie Portman), une adolescente solitaire et triste comme lui. La rencontre de ces deux solitudes va déboucher sur une histoire de vengeance et de violence, avec un Gary Oldman complètement allumé en flic ripoux. Et malgré toute cette violence, ce film reste avant tout l’histoire d’un lien qui va unir ces deux êtres  malmenés par la dureté de la vie. Lien s’apparentant à un amour père-enfant pour Léon, et sans doute plus ambigu pour Mathilda, puisque Léon est tout pour elle : le père, l’instructeur, le modèle et l’amour.

Léon est le chef d’œuvre du réalisateur. Du pur cinéma d’action comme savent le faire les américains, servi par la musique inspirée de son complice Éric Serra et avec le savoir-faire de notre génial réalisateur français.

Bande annonce de Léon

Ainsi on peut constater jusqu’à présent que le cinéma des années 90 de Luc Besson est relié. Chaque film en appelle un autre qui en appelle un autre pour arriver à faire SON film de science-fiction : Le Cinquième Elément.

 


5. L’AMOUR : Le Cinquième Elément

Le Cinquième Elément est sorti en 1997 avec un casting international pour un film français : Milla Jovovich, Bruce Willis, Chris Tucker, Gary Oldman et pour lequel Luc Besson a obtenu le César du meilleur réalisateur.

Il a développé l’univers visuel de son film avec les dessinateurs français Mézières (Valérian) et Moebius, et c’est Jean-Paul Gaultier qui en signe les costumes. Avec ce film Luc Besson pénètre le marché américain.

« Leeloo Dallas, moultipass »

Le Cinquième Elément, film devenu une référence du genre, doit son succès à la réalisation impeccable et rythmée de Besson. Une fois encore dans son film on s’échappe, il nous emmène cette fois loin dans la galaxie, pour fuir la réalité souvent ennuyeuse de la vie, à la recherche du cinquième élément : L’AMOUR.

Après la terre, l’eau, le feu, l’air, celle qui va les relier tous ensemble c’est la belle Milla Jovovich qui va l’incarner. Bruce Willis lui est là pour sauver le monde, bien entendu. Gary Oldman est le méchant par excellence, car il faut bien un méchant dans cette histoire.

Il ne manquait plus à tout ceci qu’un peu d’humour tout de même, et Besson nous offre beaucoup plus avec l’arrivée de Chris Tucker qui nous fait pleurer de rire, vraiment !

Ne reste plus qu’à la belle Milla Jovovich, femme parfaite, si forte et pourtant si fragile de croire, malgré toutes les horreurs dont les hommes sont capables, à la seule chose qui peut sauver l’humanité  : L’AMOUR !

Vous l’aurez compris, ce film est magistral. Il réunit tous les composants pour en faire une réussite totale : des effets visuels à couper le souffle, une mise en scène impeccable, un montage nerveux et rythmé, des acteurs au top, une musique géniale, de l’émotion, un méchant exceptionnel, du rire, une imagination débordante, que demander de plus ?

Bande annonce du Cinquième Elément

 


And Now ?

Pour moi, il est clair que Luc Besson nous a offert son meilleur cinéma avant les années 2000. Ensuite il va donner la priorité à ses activités de producteur avec la fondation de sa société de production et de distribution EUROPACORP.

Dernièrement, il nous a proposé Valérian et la Cité des Mille Planètes. Un film à mi-chemin entre Star Wars et Avatar, la french touch en prime. Certes, visuellement ce film est une réussite et on passe un très bon moment. Mais pour moi, il y manque l’inspiration de ses premières créations. Il manque aussi un vrai méchant dans cette histoire et une bonne B.O. Mais c’est tout de même du cinéma de qualité !

Bande annonce de Valérian et la Cité des Mille Planètes

Maintenant si vous voulez aller plus loin avec ce réalisateur, vous pouvez regarder Jeanne d’Arc. Pour ce film il nous livre sa vision de la célèbre héroïne, une vision originale et radicalement différente de ce qui nous avait déjà été proposé auparavant.

Et quand arrive le magnifique Dustin Hoffmann, qui joue la conscience de Jeanne, il prend une dimension remarquable, qui fera de Jeanne d’Arc un incontournable de la filmographie de Luc Besson. Regardez-le, vous ne serez pas déçus.

 

À quand le retour du Jedi, Luc ?

Alors certes, il serait tentant de dire que notre frenchie s’est un peu trop américanisé, et que l’on attend fortement le retour de ce supplément d’âme qu’il nous avait offert dans ses premières réalisations. Mais il ne fait aucun doute que Luc Besson est un GRAND, un GÉNIAL, un TALENTUEUX réalisateur et que même s’il nous offre désormais des films un peu trop lisses et « bankable », comme les ricains, il y imprime tout de même sa patte et c’est ce qui fait toute la différence.

Maintenant Luc Besson c’est bien d’autres films, alors si vous en voulez plus, n’oubliez pas que TOP250 est là pour vous faire des super recommandations de films, selon vos goûts.

Allez, bon cinéma !

Envie d’aller plus loin dans la vie de Luc Besson ?

 


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Natacha. Mon profil TOP250 : @natacha

4 Comments

  1. Anonyme

    5 septembre 2017 à 18 h 09 min

    Top l’article

    • Natacha

      12 septembre 2017 à 18 h 02 min

      Merci 😃

  2. Anonyme

    6 septembre 2017 à 8 h 39 min

    Je suis globalement d’accord avec cet article, même si je trouve que Le Grand Bleu (que j’avais adoré à l’époque) a quand même assez mal vieilli.

    Jeanne d’Arc mérite aussi de faire partie de ce top. Les suivants… c’est autre chose. Comme vous le dites, Valérian est visuellement un must, une sorte de Cinquième Elément puissance 10 000… mais l’enveloppe ne fait pas tout. A mon sens, le scénario est vraiment très très (trop) light et le « méchant » manque sérieusement d’ambiguïté. Peut-être aussi que le film manque d’un casting efficace.

    • Natacha

      12 septembre 2017 à 18 h 03 min

      Merci pour votre commentaire. Oui c’est vrai pour Valérian il manque un casting au top avec des acteurs charismatiques, ça aurait tout changé ! 🙂

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