Elysium ou le sacre de Neil Blomkamp

Soyons geek, n’ayons peurs de rien. (air connu)

Il n’est pas chose aisée de passer après un premier film. Le public s’habitue à un univers, une manière de réaliser, de mettre en place une histoire et l’objectivité est rarement de mise lorsque l’on se retrouve à aller voir un second film. Alors imaginez un peu la difficulté quand le premier film est une REFERENCE du genre et (oui je vais aller jusque-là) une référence culte de la pop culture actuelle. Tant que ça oui. Replaçons le contexte, nous sommes en 2009, Neil Blomkamp est un illustre connu ayant réalisé des courts-métrages geeks déjà assez impressionnants à qui Peter Jackson va faire confiance au point de produire de son 1er film, DISTRICT 9, qui débarque sur nos écrans sans avoir été réellement attendu. Et à la surprise, le film est un succès phénoménal. Imaginez JUSTE, un petit réalisateur sud-africain absolument inconnu aux yeux de tous qui devient en l’espace de quelques mois une référence cité de la science-fiction. De par son acteur principal (Sharlto Copley, incroyable), son sujet et sa mise en scène, District 9 donne envie de crier au génie… Mais alors Neil Blomkamp une seconde fois, ça vaut le coup ou pas ?

Matt Damon, entre crâne chauve et exosquelette.

Dans un futur plus ou moins proche, la Terre a été ravagée. Il ne reste d’elle qu’un bidonville géant couvrant toute la surface de la planète où vivent les pauvres comme ils le peuvent. Les riches voulant préserver leur confort ont quant à eux ont rejoint une station spatiale immense en orbite autour de la Terre appelée ELYSIUM.
Sur celle-ci, les riches peuvent vivre s’en se soucier de ce qui se passe sur Terre, on y atteint presque l’immortalité, il n’y a pas de maladie et une protection suffisante contre le monde d’en bas. L’histoire suit Max (joué par le très chauve Matt Damon), un ancien délinquant devenu ouvrier dans une fabrique de robot sur Terre. Un jour, un accident se produit et Max est gravement irradié. Et sans comprendre trop comment, Max va être emporté dans une aventure qui le dépasse.

Il y a un mot qui vient à l’esprit en voyant le film, un mot qui résonne dans la tête et dont il est impossible de se décrocher durant toute la séance : GEEK.
Ce film accumule tellement de fan service geek et de référence à cette culture que n’importe quel gamin ayant eu une GameBoy dans son enfance aura au moins une ou deux érections durant son visionnage. Et le pire du pire, c’est que ce n’est pas une mauvaise chose car Neil Blomkamp a réussi à créer avant tout un univers cohérent.
Toute la première demi-heure du film sert à ça, nous préparer à la suite, nous poser toutes les bases de ce monde et des machines qui s’y trouvent. Et après 5 petites minutes de battement où Neil nous caresse gentiment le crâne en nous demande si l’on a tout compris, il s’affaire pendant l’heure et demi restante à nous envoyer punch sur punch dans le visage, et ce pour notre plus grand plaisir. Il se permet à l’écran des choses tellement ENORMES que n’importe quel spectateur aura envie de gueuler sur son fauteuil « Non mais arrêtez, c’est trop gros ». Oui mais c’est cohérent, donc Neil t’emmerde et fait ce qu’il veut. Et vu les peurs de certains pensant que Neil allait être parasité par ses producteurs, cela fait du bien de voir que non, la touche Blomkamp est encore là.

elysium jodie foster

Jodie Foster parle français dans le film. Comme dans tous ses films.

Alors oui, j’en conçois, le scénario est assez faiblard. Il n’y a pas de réels rebondissements et tout se laisse couler sans vraiment inventer quelque chose de réellement nouveau dans sa forme. Mais soyons clairs : le film est dans le fond tellement jouissif qu’on lui pardonne. On se laisse emporter par la mise en scène maîtrisée, les effets spéciaux et idées artistiques dingues et on profite. La sauce Blomkamp prend à nouveau, bien qu’elle soit un peu simplifiée, mais arrive encore à nous surprendre par des idées novatrice comme avec cette fascination qu’a le réalisateur pour les exosquelettes (déjà présent dans District 9) ou encore cette machine capable de tout soigner. TOUT. Je n’en dis pas plus. Alors oui, courez voir Elysium, parce que la très bonne science-fiction se fait hélas trop rare sur nos écrans. Elysium est un film qui se vit, comme un trip geek fou où l’on ne peut ressortir qu’en se disant que c’est vraiment trop cool. Rien de plus.

Verdict : Très bon film, à voir !

> Détail du film Elysium sur TOP250

Victor (alias Inthepanda). INTHEPANDA est une chaîne Youtube regroupant la chronique fiction "Unknown Movies" réalisée par Victor Bonnefoy, ainsi que toutes ses autres productions. Page Facebook : @InThePanda - Profil Top250 : MrPanda.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.