[Critique Cinéma] Trainspotting : le quotidien d’une bande de junky héroïnomanes

Image du film Trainspotting - TOP250

Salut les survivants ! Ça roule ?

Alors aujourd’hui on va parler à nouveau d’un de mes films cultes avec Trainspotting réalisé par Danny Boyle.

On connaît bien Danny Boyle aujourd’hui qui en est à son 12ème film avec T2 trainspotting et à qui on doit pas mal de perles comme, 127 heures (Putain mais qu’il est trop beau ce James Franco !), son tout premier film Petits meurtres entre amis, le mythique 28 jours plus tard, et bien-sûr celui qui nous intéresse aujourd’hui, le cultissime Trainspotting, son second long métrage sorti en 1996.

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Danny Boyle et moi

Trainspotting est adapté du roman éponyme d’Irvine Welsh sorti en 1993 et nous décrit, de façon brute et réaliste, le quotidien d’une bande de junky héroïnomanes dans une Écosse en pleine crise économique. On suit alors essentiellement 4 personnages, Mark Renton, le héros, ou plutôt anti-héros du film, interprété par Ewan McGregor. Spud, un toxico un peu simplet joué par Ewen Bremner, Sick boy le beau gosse de la bande interprété par Jonny Lee Miller et Begbie, le dur à cuire psychopathe, non héroïnomane, campé par un Robert Carlyle plus qu’en forme.

Le film commence très fort sur une tirade anti-conformiste, anti-capitaliste qui donne directement le ton du film. On croirait du Chuck Palahniuk, l’auteur de Fight club, dans le texte. Et Tyler Durden aurait pu nous pondre cette même tirade dans la tronche ! (Putain mais il est trop beau ce Brad Pitt ! )Bref, cette intro est de suite le signe d’un grand film ! Car en quelques minutes, on comprend directement la philosophie du film et de ses personnages en nous plongeant directement dans leur quotidien sans aucune contextualisation. En plus, le tout est servi sur Lust for life d’Iggy Pop, alors on sait de suite qu’on va avoir à faire à un film Rock’n roll !

Et pour la petite histoire, cette scène devait être en milieu de film, mais n’ayant pas de scène d’intro qui lui convenait, Danny Boyle décida de la placer en introduction et ainsi est né ce moment culte de Cinéma.

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Ce qui est vraiment intéressant avec Trainspotting c’est que Danny Boyle et son narrateur, divisent le film en plusieurs actes et nous montrent différents point de vues, différentes phases, différents choix de vie sans jamais être dans le jugement mais simplement en le montrant sous un angle particulier.

Et pour moi, même si ce film s’inscrit dans la grande tradition des films sur la drogue au Cinéma, avec Las Vegas Parano, Requiem for a dream ou encore Le Festin nu, le génie de ce film est qu’il ne va pas tant nous parler de drogue que de l’irresponsabilité et de l’insouciance face aux responsabilités et à la réalité. Et surtout il met le doigt sur un point clé, les méfaits de l’argent sur les relations humaines.

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Las Vegas Parano

Au tout début du film, on suit vraiment cette bande de junky soudés, en train de se défoncer avec une image plutôt positive de tout ça au vu des personnages. Ils assument totalement de ne pas choisir la vie au sens sociétal métro / boulot / dodo, mais de choisir le plaisir, l’insouciance et l’irresponsabilité. Et ceci est particulièrement bien montré par Danny Boyle dans l’utilisation des couleurs et du bébé vivant dans ce squat de junky.

En effet, on peut voir une sorte de délimitation, en vert, entre le monde des responsabilités représenté par le bébé, et la couleur rouge souvent symbole de passion et de violence représentant le monde des junky où l’insouciance et la non responsabilité règnent. Et pourtant dans cette première partie de film, tout semble bien se passer dans la coexistence de ces 2 mondes.

D’ailleurs par la suite Boyle fait dépasser à ce bébé cette délimitation, faisant entrer le monde de la responsabilité dans ce chaos, ce qui entraînera inévitablement des drames.

Puis Boyle nous montre au travers d’un premier sevrage que la réalité sans drogue peut aussi être cool avec une libido de retour, une amitié toujours présente mais tout de même un quotidien un peu plus banal. Cette première phase de sevrage nous donne l’occasion de voir l’une des scènes les plus cultes du film où Ewan McGregor plonge littéralement dans les pires chiottes d’Ecosse pour récupérer 2 suppositoires d’opium qu’il a déposé avec le bilan. Alors je vous rassure, dans cette scène il s’agit de chocolat hein !

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Après une première partie du film assez légère fun et rock’n roll, on découvre cette fois au travers d’une rechute dans l’héro, le côté moins fantasmé de la chose où être un junkie est finalement un job à plein temps, où il faut constamment voler pour gagner de l’argent.

En effet, comme les capitalistes qu’ils rejettent, ces junky ne pensent au final qu’à l’argent. Alors bien-sûr pas pour s’acheter un lave vaisselle, une bagnole etc… mais pour se payer leur drogue et pouvoir échapper à la réalité. Là où le matérialisme sert bien souvent à combler un vide personnel dans la vie des gens, la drogue joue également le même rôle.

Et c’est intéressant de voir comment Boyle réussit à mettre ces 2 réalités en miroir l’une de l’autre. Notamment quand Mark Renton après un second sevrage terrible, part vivre à Londres et devient accro à une nouvelle addiction, celle de la vente perte profit etc.. Addiction qui l’emmène également vers une autre réalité, une échappatoire, mais qui va vite s’arrêter une fois de plus quand la réalité de son passé va lui retomber dessus.

On s’aperçoit alors avec la fin du film que le propos de Trainspotting n’est peut-être pas tant les drogues que l’argent et le rapport que l’on a à celui-ci.

En effet, là où une bande de potes étaient tous reliés par un poison, l’héroïne, ce qui va entraîner la trahison de toute cette amitié sera en fait l’argent qui est donc aux yeux de Danny Boyle peut-être le pire poison qui soit.

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Et en effet Trainspotting s’inscrit dans la Bag of Money Trilogy de Danny Boyle avec Petits meurtres entre amis et Une vie moins ordinaire et où Boyle s’intéresse aux effets néfastes de l’argent sur les hommes et comment il les pousse à s’entredéchirer. Et c’est particulièrement réussi dans Trainspotting au travers de cet anti-héros ni bon ni mauvais qu’est Mark Renton.

C’est également le film d’un grand réalisateur mettant la technique au service du propos. Avec par exemple l’utilisation de courte focale déformant la réalité comme peuvent le faire les drogues ou bon nombre d’idées ingénieuses comme pour la scène d’overdose où Mark Renton plonge dans un tapis comme il plonge dans les abîmes de la drogue.

Et sur la zik perfect day de Lou reed, c’est absolument génial. Vraiment Boyle s’est lâché en terme de réalisation avec tout un tas de plans badass et super immersif. Il reconnaît d’ailleurs que le fait que ce ne soit que son second film, lui a permis d’expérimenter avec spontanéité là où aujourd’hui il dit savoir trop l’impact que va avoir tel ou tel type de plan pour retrouver cette fraîcheur. Et c’est d’ailleurs ce dont pâtit T2 trainspotting dont je vous invite à découvrir mon Dead Brief.

La zik tient également une place à part entière dans le film nous montrant l’évolution d’une période allant des année 80 jusqu’au milieu des années 90 au travers de celle-ci. En effet on démarre avec la fin du punk avec Lust for life d’Iggy Pop en passant par la britpop avec notamment Blur jusqu’à la techno d’underworld et la pop synthétique de New Order. Et ça c’est encore brillamment vu par Danny Boyle et ça donne tout simplement l’une des meilleurs bandes originales du Cinéma.

Côté acteurs, honnêtement, on est vraiment au top avec un Ewan Mcgregor ayant perdu 13 kilos pour ce rôle qui l’a fait connaître au grand public. Il s’est impliqué à fond en rencontrant d’anciens héroïnomanes pour comprendre leur addiction, apprendre à préparer une dose etc.. D’ailleurs il a même failli aller jusqu’à s’injecter de l’héro pour vraiment se rendre compte des effets engendrés, mais au dernier moment il abandonna l’idée.

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Bon, clairement, Trainspotting est un film générationnel qui a fait un carton mondialement et notamment au Royaume Uni. L’une des explications vient certainement du fait que même si ce genre de thèmes était déjà abordé par un Cinéma à la Ken Loach, il s’adressait plus à un public d’intellos qu’au public concerné par la réalité de ce quotidien.

Et ce côté brut, coup de poing et sans concession, a touché les gens comme a pu le faire Orange mécanique avant lui. D’ailleurs rien d’étonnant à ce que ce film ait été qualifié d’Orange mécanique des année 90 quand on sait que Danny Boyle s’est inspiré du rôle de Malcolm Mcdowell pour le personnage de Mark Renton.

Image du film Taxi Driver

On retrouve vraiment de nombreuses références et surtout un hommage au chef d’oeuvre de Kubrick. Comme ce travelling avant dans le bar nous permettant de lire « Voloko » avec la même typographie que dans Orange mécanique ou l’on découvrait à l’inverse, un Moloko via un travelling arrière. Énormément de plans rappellent l’oeuvre de Kubrick dans le cadrage mais également via l’utilisation de la musique classique avec Carmen lorsque Mark entame son premier sevrage.

Trainspotting contient de toute façon une montagne de références à d’immenses films comme ici avec Taxi Driver avec le personnage de Robert De Niro et de Jodie Foster. Des références d’ailleurs, à des films qui avaient rompu avec le classicisme et qui voulaient montrer une réalité brute, telle qu’elle existe.

Bref, aujourd’hui c’est Trainspotting qui est souvent référencé dans bon nombre de films et ça c’est la signature d’un film culte ! C’est vraiment une œuvre en soi qui ne vous laissera pas indifférent ! Et c’est pour moi ce que l’on demande au Cinéma ! Alors si vous aimez les films coup de poing et le rock’n roll, foncez matter ça les survivants, vous allez être servis !

Bon ben voilà mes survivants, et si vous voulez voir comment j’ai réussi à décrocher de la drogue en faisant cette critique, je vous invite à voir ma chronique vidéo sur Trainspotting. Bon allez, sur ce j’vous laisse j’dois aller à la salle de sport, alors pensez à partager au maximum pour propager le virus et à vous abonner pour rejoindre les survivants !

Et surtout n’oubliez pas que pour survivre, faut bouffer de la Culture !
Love

Ma critique vidéo sur Trainspotting

Affiche du film Trainspotting

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Dead Will. Ma chaine Youtube : Dead Will - Ma Page Facebook : Dead Will - Mon profil TOP250 : @DeadWill

2 Comments

  1. Dead Fan

    2 juin 2017 à 9 h 00 min

    C qui se Dead Will, il est complètement Malade !!!

    J’adore 😉

  2. Julie

    5 juin 2017 à 10 h 31 min

    Un grand classique !

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