[Critique Ciné] Snowden

film snowden

Big brother watching you. On a beau le savoir, impossible de se révolter. Le système est trop grand, le dogme trop puissant, que peut faire un homme contre les abus de pouvoir de ceux qui le détiennent ? 
Le dénoncer, déjà ?!
C’est en tout cas ce qu’Oliver Stone nous montre dans ce biopic du plus célèbre lanceur d’alerte (ou hacker selon les points de vue).

Let it snow, let is snow, let it snow.

Commençons par le commencement. Oui « Snowden » est orienté. Orienté pour ériger en héros désintéressé le personnage principal, figure que la presse s’est pourtant acharnée à rendre controversée.
A tort ? A raison ? Impossible à savoir. 
Mais ce n’est pas ça le plus important. Car avant de parler du personnage de Snowden, le réalisateur s’intéresse à une figure qui représente la résistance face au système. La conscience plus forte que le « devoir ». La preuve qu’une personne peut faire la différence.

Snowden Oliver Stone 2016

 

Je suis ingénieur informaticien…

Suivant le parcours de l’américain dès qu’il rejoint la CIA jusqu’à son témoignage décisif face à la presse, et des (non)conséquences qui en découlent, le récit se regarde avec plaisir (et horreur) porté par une vulgarisation du propos technique et informatique bienvenue pour permettre à tout à chacun de saisir l’ensemble des enjeux du long métrage.

Littéralement portée par son interprète principal (Joseph Gordon Levitt) au mimétisme vocal et corporel travaillé, l’histoire de Snowden est utilisée pour mettre en exergue les déviances sécuritaires du pouvoir Américain, et les dangers de donner les clés d’une telle puissance à un fou furieux (qui a dit Trump ?). 
En faisant un biopic contemporain, Oliver Stone nous parle, via notre présent, de notre futur, tout en le liant habilement à notre passé. Car oui, l’histoire n’est qu’un éternel recommencement.

Snowden Oliver Stone 2016

 

Erreur 403 : Accès refusé

Sans jamais tomber dans la dénonciation facile, le film déroule de nombreux cas moraux à travers les différents analystes de la CIA ne faisant « que » leur boulot, un travail qu’ils savent pourtant illégal. N’hésitant pas à rappeler les heures les plus sombres de l’histoire (car oui, après tout, de nombreux nazis ne faisaient « que » leur boulot, eux aussi), « Snowden » c’est aussi le pouvoir du système à broyer l’individualité, l’homme, l’amour. 
Via la figure d’Edward, c’est une véritable ode à l’humanité qui est défendue. Car même endoctrinée, la conscience humaine rappelle à l’ordre cet américain moyen qui sait encore différencier le bien du mal, et aux chiottes les compromis demandés par un état profitant de la montée du terrorisme.

Ce que dit « Snowden » sur les Etats Unis (et les pouvoirs dirigeants en général) est grave. Etayé par le hacker en personne lors de la phase d’écriture, le film prétend pouvoir livrer les secrets les mieux gardés (avec la précaution de ne compter que sur une version de l’histoire, celle de Snowden). Et forcement c’est instructif.

Mais le film ne tombe pas dans le cliché de dénoncer en larmoyant sur l’horreur d’une situation inchangeable, il nous montre que rien n’est ancré, et le cinéma se fait le porte étendard pour relayer les révélations de Snowden. 
Car dans un monde connecté où l’information vient directement à nous, oui la presse a un contre-pouvoir fondamental, mais le cinéma aussi, et de manière encore plus large. En plus d’être une ode à l’humanité, le film est aussi une ode à la fiction, au film, et à son pouvoir rassembleur, divertissant et éducatif.

Snowden Oliver Stone 2016

 

Like a Rolling (Oliver) Stone

De son côté, la réalisation sait se faire discrète pour servir le propos. Jouant habilement le jeu du docu-fiction, mélangeant différents types de caméra (du found footage au plan cinématographique), et mêlant même personnage réel et acteur, avec la plus grande fluidité. On retiendra quelques rares moments de fulgurance de mise en scène dont une discussion « skype » entre Snowden et son mentor (Rhys Ifan) agrandi via sa projection sur une toile, représentant du Big Brother humanisé.

Snowden est donc un excellent film, habile mélange entre documentaire et fiction hollywoodienne pour être le plus rassembleur, le plus vulgarisant, et le plus compréhensible possible. On pourrait reprocher au « cinéma » de trop s’effacer face à un sujet clairement orienté politiquement, pourtant, les fulgurances de mise en scène et l’interprétation de son acteur principal (tout aussi bien servi par le reste du cast) ne démérite pas face au propos. Un film divertissant et éducatif sur notre monde qui devrait être vu par tous.

 

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Bande annonce de Snowden (VF)

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1 commentaire

  1. David

    18 octobre 2016 à 22 h 42 min

    J’attend beaucoup ce film ! Vivement la sortie 🙂

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