[Critique Cinéma] Justice League : la formule fast food du film de super héros !

Image du film Justice League

L’univers cinématographique : l’adaptation d’un format sériel au média cinématographique permettant de capitaliser des dollars, non plus sur une histoire, mais sur un univers uchronique initié par le monde des Comics.

Depuis la réussite de Marvel dans le domaine, chacun veut le sien, et tous se cassent les dents. Qui de mieux placé que le concurrent historique de la maison des idées en librairie pour réussir à adapter la narration, via un univers partagé, se donnant rendez-vous dans leur Avengers à eux : la Justice League !

Ce qui ne me tue pas me rend plus… bizarre.

Dire que la production de Justice League n’a pas été de tout repos est un euphémisme.

Abandon du réalisateur de la trilogie fondatrice de l’univers avant la fin de la post production pour raison familiale, déclarations contradictoires entre les membres de l’équipe, plan de production non respecté de Warner, changement de ton de l’univers via la sortie de Suicide Squad puis de Wonder Woman, BREF ! Là où Marvel a été assez doué pour garder en interne les soucis inhérents à un tel chantier, DC se prend les pieds dans le tapis avant même la sortie de ses films et espère pouvoir sauver la face par le succès de leur cartouche de bazooka, le rendez-vous des plus grands héros de l’univers DC via la Justice League.

Image du film Justice League

 

L’entrainement n’est rien, seule compte la volonté !

Le poids du studio pesant sur les épaules de Snyder depuis Batman Vs Superman et sa version longue, corrigeant beaucoup de défauts de la version cinéma, ne s’est pas amoindri et Justice League souffre avant toute chose d’absence de vision créative.

C’est un hybride vide de sens entre ce que Snyder voulait insuffler à l’univers (de l’iconisme, du sérieux, du divin, du dramatique) et ce qu’on a demandé à Joss Whedon de faire (dédramatiser le global, se focaliser sur les échanges humoristiques entre les personnages plutôt que sur leur construction …etc). Les deux grands réalisateurs des deux grands univers cinématographiques de comics s’annulent plutôt que de fusionner, pour faire de Justice League un gâchis magistral.

Entendons-nous bien, Justice League n’est pas un ratage total comme pouvait l’être Suicide Squad. C’est un blockbuster hivernal, appréciable pour les amateurs d’intrigues simplistes de films d’action portés par des icônes de la pop culture. Mais pour les amateurs de comics ou les spectateurs plus exigeants sur les fulgurances cinématographiques dans le type super-héroïque, c’est un loupé qui jette une ombre sur le travail des 2 précédents volets de la trilogie Snyderienne, tant il les désavoue.

Image du film Justice League

 

Dis-moi petit, as-tu déjà dansé avec le diable au clair de lune ?

Car Justice League n’est pas cohérent avec les bases posées par les autres films DC.

Le ton n’est pas le même, l’univers n’est pas le même, les personnages ne sont pas les mêmes. Fini le drame, ici l’invasion n’a clairement aucun enjeu. Fini les fulgurances de réalisation de flash back oniriques ou de scènes de combat mémorables. Justice League n’offre aucun moment dont on peut discuter en sortant de la séance, une aubaine pour une réunion aussi attendue que celle-ci (rappelez-vous du plan séquence de Avengers, symbole d’une union attendue par le langage de la caméra).

Le film est une course contre la montre pour offrir une formule fast food du film de super héros, sans comprendre la richesse cachée sous l’apparente simplicité que la concurrence peut offrir à ses spectateurs (Avengers et son allégorie du star system et de la possibilité d’allier les talents pour faire péter le box office tout comme pour faire face à Loki).

Il est le symbole de ce que les cinéphiles élitistes dénoncent chez le blockbuster super héroïque depuis tant d’années sans comprendre que jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de ces films renferment une richesse plus vaste que ce qu’on voulait bien croire. Justice League est vide, il est gentil, il est enfantin, il est bien brave.

Image du film Justice League

 

Quand on a du talent, on se doit d’en tirer profit.

Ses personnages sont peu ou mal présentés. Son casting ne fait pas toujours mouche. Son humour prête tout juste à sourire et jamais à rire (alors qu’il est pourtant central). Ses enjeux sont inexistants. Et son héroïsme est d’un kitsch de quasi tous les instants.

Pire, là où l’univers DC avait la main par rapport à son concurrent, Justice League la perd. En témoigne un méchant plus mal travaillé que chez le grand frère (contrairement aux anciens Zod et Lex Luthor), et une bande originale qui a 30 ans de retard en refusant d’utiliser le travail oscarisable de Hans Zimmer et Junkie XL sur Man of Steel et Batman Vs Superman (qui comportait je le rappelle 4 thèmes iconiques pour Superman, Martha/Batman, Wonder Woman et Luthor).

Lorsque quelques notes viennent nous rappeler l’existence de cette grandiloquence musicale héroïque, au détour d’une dizaine de secondes d’une scène de combat de Wonder Woman, nos cœurs s’emballent, et la chair de poule monte pour être immédiatement stoppée par la reprise de thème sans identité d’un Danny Elfman bien peu inspiré et qui souligne le kitsch déjà trop présent à l’image.

Image du film Justice League

On ressort avec l’impression de n’avoir rien vu, sans nécessairement avoir passé un mauvais moment, mais ne pouvant s’empêcher de pleurer le potentiel gâché d’une tentative bien plus auteuriste de présenter le complexe du messie et toutes ses thématiques humanistes portées par des Frank Miller et autre Alan Moore dans les comics de l’univers DC, ce que Zack Snyder semblait vouloir apporter au cinéma comme il l’avait fait pour son Watchmen.

La puissance des studios a parlé. Seul l’argent compte.

Warner/DC copiera Marvel, quand bien même leur retard et la différence de leur licence ne pourra jamais leur permettre de les rattraper. Car si Marvel fonctionne c’est que l’identité de leur univers cinématographique est cohérent avec leur licence et que le studio est géré par des fans de comics (Kevin Feige ayant gagné le combat contre les pontes financiers de l’ancien Marvel Studio).

On peut se plaindre devant la toute puissance du méchant géant rouge suppôt de la souris aux grandes oreilles et regretter leur formule parfois très codifiée, mais cela n’empêche pas d’offrir des blockbusters plus riches qu’il n’y paraît, avec des fulgurances sur certains d’entre eux et surtout la réussite d’une construction d’un univers cinématographique, révolution du monde du cinéma copiant la régularité sérielle, là où tous les autres studios se sont cassés les dents, y compris Warner/DC.

Bande annonce de Justice League

Affiche de Justice League

Image du film Justice League


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