[Critique Cinéma] Beetlejuice : Keaton et sa paire d’yeux hallucinants

Salut les survivants, ça roule ?!!!

Alors aujourd’hui on va parler d’un de mes films préférés de tous les temps ! C’est ma madeleine de Proust, celle que j’aime me remater à chaque noël et qui me ramène à mon enfance de survivants ! On va donc parler de Beetlejuice !

Mais avant ça, on va se pencher un peu sur son réalisateur, Mister Tim Burton !

Beetlejuice

 

Tim Burton ! Tim Burton ! Tim Burton !

Alors je ne vais pas trop m’étendre, mais Tim Burton est un réalisateur américain, qui a grandi à Burbank dans la banlieue d’Hollywood. C’est un enfant solitaire qui passe son temps dans les salles obscures, à mater des films fantastiques et d’épouvante, et à lire du Edgar Allan Poe.

Et si vous voulez comprendre l’essence même de Tim Burton, je vous surconseille le visionnage d’un de ses tous premiers court-métrages Vincent.

Vincent est adapté d’un de ses poèmes, et relate de manière très autobiographique et dans l’esthétique Burtonienne, l’enfance de celui ci. Après avoir vu ce court-métrage, on comprend alors que l’univers particulier de Tim Burton vient directement de son enfance, et qu’il n’a jamais voulu appartenir au monde cynique des adultes.

Point intéressant, il réalise ce premier court-métrage alors qu’il travaille en tant que dessinateur chez Disney sur Rox et Rouky.

Puis il tourne son tout premier long-métrage, Pee wee’s Big Adventure qui est une commande de studio. Suite à ça on lui donne sa chance, et il réalise alors son second film qui révélera au monde entier l’étendue de son talent et de son univers, avec Beetlejuice sorti en 1988 !

Beetlejuice

 

BeetleJuice ! BeetleJuice ! BeetleJuice !

Le pitch de Beetlejuice est le suivant : un couple de jeunes amoureux passe ses vacances dans leur nouvelle maison.

Malheureusement, un accident de voiture va leur coûter la vie et ils vont rester coincés entre le monde des vivants et celui des morts. Ces deux fantômes vont devoir se coltiner une famille de bourgeois New-Yorkais, voulant transformer totalement leur maison !

Ils essaieront à leur manière de faire fuir la famille des Deetz, mais n’y arrivant pas, ils vont faire appel à un bio-exorciste aux méthodes et comportements plus que douteux, Beetlejuice, pour se débarrasser d’eux.

Alors il faut savoir que la première version du scénario de Beetlejuice était vraiment très horrifique, avec un Beetlejuice tuant et violant tout sur son passage. Et ça devait être Wes Craven, connu pour Freddy, Scream etc… qui devait le réaliser. Puis le film a pris une orientation beaucoup plus comique et satirique, remportant un énorme succès grâce à Burton.

Beetlejuice

 

Les 3 coups de Génie de Burton

A mon sens, le succès de Beetlejuice provient évidemment de ses énormes qualités, mais il est basé sur 3 coups de génie !

1/ D’abord, il inverse totalement la situation en nous plaçant du côté des morts. Là où habituellement on exorcise une personne vivante pour se débarrasser des fantômes, ici c’est l’inverse. Les morts cherchent à se débarrasser des vivants qui les persécutent. Ainsi, se placer de ce point de vue, va avoir plusieurs effets supra intéressants pour le spectateur.

En effet, ici on inverse totalement le rapport à l’horreur du spectateur. Là où il devrait avoir peur, il est en fait mort de rire car il est complice des fantômes et il n’y a donc aucun effet de surprise dans les scènes gores. Au contraire, on a envie que cette famille dégage et du coup ce n’est plus notre propre peur qui nous intéresse mais celle des personnages.

Beetlejuice

 

2/ Le second coup de génie, c’est d’adapter tous les codes de notre société dans la mort. En effet, ici quand on meurt c’est un peu comme perdre son taff, faut pointer à l’administration avec des gens chelou et on a un conseiller qui nous « aide » à faire peur aux vivants. Enfin nous aide… disons qu’ici c’est comme à Pôle emploi et on peut dire que ce n’est pas très efficace.

Ainsi dans ce film, Burton va faire une critique des méandres de l’administration où même dans la mort on ne s’en sort pas ! Beetlejuice est vraiment une super satire bourrée d’humour, sur nos modes de vies où même une fois mort on récupère un manuel pour personnes décédées !

Il s’attaque également aux codes capitalistes, avec la page de pub faite par Beetlejuice pour choper de nouveaux clients. Ainsi, même dans la mort on reste des consommateurs !

3/ Enfin, pour moi le 3ème coup de génie est évidemment ce personnage totalement pervers, grossier, dégueulasse, flippé des serpents de sable mais tellement drôle, qu’on s’attache directement à lui. Et même si on ne le voit pas tant que ça dans le film, c’est vraiment le personnage central et on en redemande ! Il fait partie de ces personnages charismatiques qu’on n’oublie pas et qui marquent plusieurs générations.

 

Beetlejuice

La performance de Michael Keaton

Alors évidemment la qualité du film tient beaucoup au scénario et à Burton, mais ça tient également à la magistrale performance de Michael Keaton qu’on ne reconnaît pas du tout !

D’ailleurs j’ai su assez tard que c’était lui qui incarnait mon héros. Keaton était tellement dans le personnage, qu’il passait son temps à improviser les scènes. Il dit avoir été influencé par le personnage de Chop dans Massacre à la tronçonneuse 2, et honnêtement seul lui pouvait incarner Beetlejuice !

D’ailleurs à la base, ça devait être Samuel Davis junior, une icône de l’enfance de Burton qui devait l’interpréter, mais la production a refusé. Michael Keaton n’était pas chaud non plus pour jouer le rôle, comme quasi tous les acteurs du film au vu du scénario.

Beetlejuice

 

Il a fallu que Burton arrive à convaincre Keaton. Il l’avait remarqué à cause de ses yeux et pour lui, Keaton est un dingue dans la vraie vie.

« Michael est complètement cintré, c’est un maniaque, une pile électrique et il a des yeux incroyables. J’adore les yeux chez les gens et il a une paire d’yeux proprement hallucinants » Tim Burton.

Et Keaton a bien fait d’accepter, car grâce à ça, il a obtenu le rôle de Bruce Wayne dans les 2 Batman de Burton, et Beetlejuice reste encore aujourd’hui son rôle préféré.

Et tant qu’on parle des acteurs, ils sont honnêtement tous incroyables avec chacun une personnalité forte. Beetlejuice fait partie de ces films où il n’y pas vraiment de seconds rôles, chaque personnage a un caractère et une caractéristique bien précis. Lydia, interprété par Winona Ryder, est clairement la représentation de Burton enfant

« J’ai lu très attentivement le manuel pour les personnes décédées. Il dit que les êtres humains ne comprennent rien à l’étrange et au surnaturel. Comme je suis moi-même étrange et surnaturelle… »

En tout cas Lydia est en décalage avec le monde qui l’entoure, ce qui lui permet d’être le seul personnage à voir les morts.

Ainsi, Burton aborde dans ce film sa vision du monde de l’enfance, représentée par le jeune couple d’amoureux et Lydia qui sont purs et naïfs, face à un monde d’adultes cyniques voulant se faire de l’argent à tout prix et sur tout ! Même en exploitant des morts ! Et ce au point que Lydia va vouloir se suicider pour quitter sa famille et rejoindre le couple dans la mort.

On touche vraiment ici à un point clé du cinéma de Burton, sur sa représentation de l’enfance, de sa pureté et de son imaginaire, face à la bêtise du monde adulte sans rêve et totalement médiocre. Tim Burton s’est toujours fait le représentant des marginaux, des exclus et des différents renfermant des trésors de gentillesse.

Et ce point est d’ailleurs particulièrement mis en avant dans le sublime Edward aux mains d’argents.

Beetlejuice

 

Du macabre au poétique en passant par la composition de Danny Elfman et des effets spéciaux !

D’un point de vue esthétique, on retrouve également tous les codes qui vont constituer le cinéma de Burton avec le noir et blanc et l’influence de l’expressionnisme allemand.

En effet, on retrouve déjà ces perspectives étranges aux lignes brisées et où domine des angles obliques bien chelou. On est clairement dans un univers à la fois macabre, poétique, carnavalesque et comique.

Et ces différents univers sont clairement mis en avant par la sublime bande originale de Danny Elfman qu’on ne présente plus. Il installe une ambiance incroyable contribuant énormément au succès du film. Et ça commence très très fort, dès le générique, avec ce sublime thème déjà devenu culte et qui me donne toujours autant de frissons !

En plus de sa musique, le film repose également sur la qualité de ses effets spéciaux ! En effet, ils ont vraiment plus que bien vieilli puisqu’ils collent parfaitement à l’esprit du film, dans un style similaire aux séries B. Et sur les 13 millions de dollars de budget du film, 1 million fut consacré rien qu’aux effets spéciaux, c’est dire le soin apporté.

Ce fut une bonne dépense car le film rapporta 73 millions de dollars rien qu’aux Etats-unis et il permit à Burton de réaliser Batman.

Beetlejuice

 

Une suite ! Une suite ! Une suite…

Alors clairement depuis que j’ai vu ce film enfant, je ne rêve que d’une seule chose, revoir Beetlejuice dans de nouvelles aventures !

D’ailleurs il faut quand même savoir qu’en 1990, une suite de Beetlejuice devait être tournée avec Keaton et Winona Ryder, et ça devait se passer à Hawaï, avec un Beetlejuice faisant du surf et venant à l’aide de la famille des Deetz. Ça devait mélanger le film de plage à l’expressionnisme allemand, et sur le papier, j’aurais signé directement pour qu’il se fasse. Malheureusement Tim Burton était pris par Batman le défi et les 2 acteurs ne voulaient le faire qu’avec lui.

En même temps j’ai très peur d’être déçu par une suite, surtout que Burton n’a pas trop brillé à mon avis sur ses derniers films. Mais bon, ce dernier a dit :

« C’est une chose que je voudrais vraiment faire, mais dans les bonnes circonstances, car il s’agit d’un film qui doit être irréprochable. Il ne s’agit pas d’un film qui réclamerait désespérément une suite dans l’optique d’en faire une trilogie. Alors si les bonnes dispositions sont réunies nous le ferons car j’aime bien le personnage et Michael Keaton l’interprète très bien. Mais rien n’est encore décidé. »

Ce qui a tendance à me rassurer. Alors on croise les doigts pour que ça se fasse !

Beetlejuice

Fausses affiches signées Alex Murillo Art

To conclude…

Bref, avec Beetlejuice on a clairement la meilleure comédie horrifique que j’aie pu voir. C’est drôle, poétique, intelligent, bien réalisé, satirique, inscrit dans un univers propre et servi par une bande son culte. Alors, que demander de plus !?

Si vous ne l’avez jamais vu, foncez de suite voir ça ! Et pour les connaisseurs, ben faites comme moi, rematez le !

Bon voilà les survivants, pour en savoir plus, je vous invite à découvrir ma critique vidéo de ce film où j’ai eu l’honneur d’avoir la présence de Beetlejuice lui même !

Love.

Ma critique vidéo sur Beetlejuice

Bande annonce de Beetlejuice

Affiche du film Beetlejuice

Beetlejuice

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Dead Will est un Zombie touche à tout autodidacte, Président et réalisateur pour Libre Arbitre Production, Créateur de la web-serie « Une Vie de Zombie », Zikos (Guitariste du groupe SLAP) et Chercheur au CNRS à ses heures perdues.

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