[Critique Cinéma] Pirates des Caraïbes 5 : La vengeance de Salazar

Image du film Pirates des Caraibes 5 - TOP250

Oyé, oyé capitaine abandonné, le pirate le plus célèbre des caraïbes revient dans une cinquième aventure avec pour mission de rendre ses lettres de noblesse à l’ancienne saga phare du catalogue Disney.

Seulement, à l’instar de certaines reliques maudites, il vaut parfois mieux laisser une franchise en paix en souvenir de l’efficacité de sa trilogie originale, plutôt que de presser le jus d’un fruit qui a déjà donné tout ce qu’il avait à offrir.

Jack Sparrow repart en mer, en compagnie d’un jeune prince charmant, et d’une jeune princesse charmante dont le scénariste a oublié d’écrire les rôles. Ils partent à la recherche du trident de Poséidon, seul artefact magique dont on n’avait jamais entendu parler mais ça a dû sortir du cul d’une chèvre entre 2 volets ! Celui-ci pourrait le protéger du courroux de Salazar (Serpentard), le méchant européen du blockbuster américain, maudit on sait pas bien comment après sa défaite contre Johnny Depp jeune.

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Commencez à croire aux histoires de fantômes, mademoiselle Turner. Vous en vivez une.

Avez-vous décelé un brin d’amertume et de mauvaise foi dans ce synopsis personnalisé ? Ce n’est pas impossible. Et pour cause, après un quatrième volet unanimement critiqué, le cinquième opus tombe dans le même piège que son prédécesseur, en offrant malgré tout un divertissement plus digeste (du fait aussi que les attentes post-Fontaine de Jouvence étaient grandement revues à la baisse).

Et le défaut inhérent aux suites de la trilogie c’est le manque de cohérence narrative. L’impression constante qu’a le spectateur que la priorité a été donnée à la forme, avant de travailler le fond. Car si « La vengeance de Salazar » n’est pas exempt de potentiel, c’est la mise en forme de ce potentiel qui semble avoir été pressé.

Après visionnage, on ne peut que garder l’impression que le scénario réalisé n’en était qu’au stade de brouillon, une pose d’idées pas inintéressantes qu’il aurait fallu développer et rendre cohérentes.

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Que cette journée demeure celle où vous avez failli capturer le capitaine Jack Sparrow !

Seulement, comme le film perd énormément de temps à offrir les bouffonneries de Jack Sparrow, ou des grosses scènes d’effets spéciaux déconnectées de la trame narrative, l’histoire vient péniblement se greffer à ces exigences stylistiques, essayant péniblement de raccorder des wagons sans chaînes pour les attacher entre eux.

Et c’est bien là qu’il y a une mauvaise compréhension du studio quant au succès de Pirates des Caraïbes.

Oui le personnage de Jack Sparrow a été cette mascotte créée par un acteur au summum de son imagination intronisant un nouveau type de personnage complètement débranlé dans le blockbuster lisse des années 2000.

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Mais sa force c’est aussi d’être intronisé dans un univers cohérent, qu’il a bâti, et qu’il enrichit. Jack Sparrow ne doit pas se contenter d’être un bouffon chanceux, il a aussi ce statut inattendu de poseur et de pirate malin, rendant l’héroïsme du personnage inattendu, et non ridicule.

Capitaliser uniquement sur son aspect comique, c’est fermer les yeux sur toutes les autres qualités de la trilogie originale que défend de manière iconique sa mascotte : la cohérence de son univers, sa qualité graphique, son utilisation poétique des mythes marins, la force de ses personnages secondaires, le sérieux d’un film Disney qui se permettait de mettre en image la quête d’un coffre contenant le coeur (littéral comme métaphorique) d’un amoureux transi !

En ôtant toute la richesse de cette saga, le quatrième, et maintenant le cinquième volet se contentent de nous offrir une aventure de Pirates dépourvue d’ampleur dramatique, où les scénaristes semblent découvrir l’histoire en même temps que le spectateur et qui manque par conséquent, de richesse et de cohérence.

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Il ne me sied guère d’accéder à votre requête. Ça veut dire non.

On sent pourtant une volonté de revenir au succès du premier volet, intronisant des simulacres de Will Turner et de Elizabeth Swann sans saveur, et une quête contre une malédiction rappelant le Black Pearl.

Seulement une fois encore, cette tentative de renouer avec les fans de la première heure se ressent plus comme un argument marketing que comme une volonté artistique (allant même jusqu’à baser la promo du film sur la présence d’Orlando Bloom quasi absent du film à contrario de Barbosa). Le final kitschissime assure cette incompréhension entre la démarche artistique, et la satisfaction de jouer sur la corde sensible de la nostalgie de la trilogie originale.

Pourtant « La vengeance de Salazar » offre matière à imaginer un grand film, avec en premier lieu, encore et toujours, la qualité de son univers graphique. Sans compter sur l’excellente prestation de Javier Bardem, Geoffrey Rush, ou même de Johnny Depp qui malgré une écriture stéréotypée, parviennent à rester justes. La scène de flashback teasée dans la bande annonce est probablement la plus satisfaisante du film, laissant espérer un développement des origines de la saga (le compas, le Black Pearl, la réputation de Jack) qui ne seront pas expliquées pour favoriser du Deus Ex Machina à tout va, ou des changements de paradigmes de l’univers au profit des nécessités scénaristiques (moi qui croyait que le Black Pearl était le bateau le plus rapide …).

Sans compter la frustration de l’absence de confrontation marine lisible, ou de vrai duel à l’épée chorégraphié. Décidément, personne n’est décidé à aider ces pauvres diables des effets spéciaux.

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En conclusion

Sauvé par l’affect porté à la saga, l’absence de concurrents Pirates, et la cohérence de son univers graphique, Pirates des Caraïbes La vengeance de Salazar offre un divertissement tout juste correct qui ne manquera pas de décevoir les spectateurs un peu exigeants tant le potentiel de la saga semble une nouvelle fois avoir été gâché.

 

Bande annonce de Pirates des Caraïbes 5 : La vengeance de Salazar

Affiche du film Pirates des Caraïbes 5 : La vengeance de Salazar

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1 commentaire

  1. Julie

    5 juin 2017 à 10 h 33 min

    J’ai adoré, excellent notre ami Jack 🙂

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