[Critique Cinéma] Logan : Adieu Hugh Jackman !

Image du film Logan

X-Men fut la saga cinématographique à lancer les super-héros dans le cinéma du 21ème siècle, tentant de se formater à ses codes, tout en gardant son identité, pour faire évoluer les comics dans des sujets d’actualité où la mise en scène du 7ème Art pourrait sublimer aussi bien ses combats, la complexité de ses personnages, et les questions philosophiques présentes dans le matériel d’origine.

Après 17 ans de bons et loyaux services (à travers de bonnes et de moins bonnes adaptations), l’heure est venue pour Hugh Jackman de dire au revoir à son rôle de Wolverine, non sans un dernier coup d’éclat avec ce qui promettait d’être un ovni dans l’univers des mutants. Promesses tenues ?

Image du film Logan

 

« Si tu connais la réponse, pourquoi poses-tu la question ? »

Hélas non. Logan a tout du potentiel brisé, de nombreux bons points desservis par un global décevant.

Entendons-nous bien, Logan n’est pas ce qu’on pourrait qualifier de mauvais film. Il a de grandes forces par certains aspects de sa mise en scène, ses tentatives novatrices, sa dimension méta autour de son personnage/acteur usé, et ses exceptionnels comédiens (notamment la jeune Dafne Keen).

Mais un film ne se juge que sur sa globalité. Alors que la 1ère partie promet énormément pour la suite, une césure signifiée par l’effet de mise en scène le plus grossier du monde concernant le combat intérieur de Logan, vient briser nos rêves et détruire les potentialités posées par l’introduction.

Image du film Logan

 

« Ton éternelle recherche de l’espoir ? »

L’un des plus gros soucis de Logan, c’est son refus de la difficulté. On connaît la Fox, la continuité narrative, c’est pas leur fort. Rarement une saga aura connu autant d’incohérences et de volets refusant de se plier aux événements les ayant précédés.

Logan n’échappe pas à la règle, c’est un stand alone difficilement « canonisable » dans la saga X-men. Le souci, c’est que le film ne pouvait pas se le permettre étant donné qu’il signe les adieux de 2 des personnages les plus charismatiques que la saga a enfantés (et donc formés).

Et le développement d’un personnage passe inexorablement par sa naissance narrative, ainsi que par ses liants sociaux développés jusqu’alors (les personnages secondaires gravitant autour de son univers). La présence de Xavier, à elle seule (et qui offre la plus belle facette à jouer pour Patrick Stewart comme pour Hugh Jackman) ne suffit pas à introniser cet univers. Surtout lorsqu’un des meilleurs twists du film est tout juste chuchoté aux amateurs du comics original (« l’évènement du New Hampshire »), là où il aurait pu donner lieu à un flashback de caméos bienvenu et canonisant, par la même, le récit dans un semblant de cohérence d’univers filmique.

Image du film Logan

 

« J’éprouve surtout une grande pitié pour le pauvre diable qui viendrait à cette école dans un but malveillant »

Et c’est à partir de ce point que le film bascule dans un récit hollywoodien basique, ce que la première moitié du film se refusait.

La finesse de la mise en scène est remplacée par une grossièreté du propos bien malvenue, entre signification grotesque du conflit intérieur symbolisé par le pire choix d’antagoniste, le méchant chef révélant un obscur lien de parenté nanardesque tout en dévoilant son plan à la manière d’un vilain de James Bond, l’utilisation du Red Bull comme poison génocidaire (tentant maladroitement un propos « écolo »), les goonies version 2017, et le deus ex machina des stéroïdes (ça fait beaucoup).

La seconde moitié du film est une longue descente aux enfers où le spectateur déchante et ne ressent pas l’émotion maladroitement quémandée par le récit, dont une appartenance paternelle trop mise en avant dans les mots (et à tort), plutôt que dans les actes.

L’enrobage classé R a beau être jouissif, justifié et nécessaire pour développer la viscéralité de Logan et Laura, force est de constater que les moments « intimistes » ne sont pas maîtrisés avec autant d’aplomb. La surutilisation du « gore » finit par lasser, passé les premières scènes utiles, tant elle ne devient qu’un argument de vente du « vous avez vu on a osé ». A la manière d’un Deadpool, bon film de mon point de vue surestimé par son enrobage transgressif et rappelant un Kick Ass, en moins bien et avec 10 ans de retard, Logan rappelle sans mal un Last of Us, en moins bien et avec 5 ans de retard.

Image du film Logan

 

« L’avenir c’est nous Charles, ce n’est pas eux ! Eux ne comptent déjà plus ! »

C’est donc avec une tristesse immense que nous disons au revoir à 2 icônes de la pop culture, non pas grâce à l’efficacité du film, mais par la déception de voir que la licence a échoué à donner autant aux acteurs, que ceux-ci ont donné aux spectateurs. Une déception de par la possibilité d’entrevoir un grand potentiel gâché par un 3ème acte d’un blockbuster normé venant détruire le propos, et le refus d’un simulacre d’appartenance au récit de la saga, nécessaire à apporter une fin aux personnages qu’elle a enfantés.

Quant à toi, très cher lecteur, ne reste pas simple spectateur, et participe activement au débat en commentant cet article et en nous faisant partager ton avis. Logan sera-t-il dans ton TOP250 ?

 

Ma critique de Logan en 180 secondes

Bande annonce de Logan

Image du film Logan


> A voir aussi, les meilleures séries de super héros : 

Super Héros – Les 10 meilleures séries à voir absolument !

(Visited 7 times, 1 visits today)
Wen. Web-série : Tea Time - Court métrage : Hypnos 600 - Mon profil Top250 : Wen - Ma chaîne Youtube : Critiques ciné/série en 180 secondes - Mon profil Facebook : Wenceslas Lifschutz

1 commentaire

  1. Math

    8 mars 2017 à 16 h 50 min

    J’ai plutôt bien aimé le film, j’adore cet acteur 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.