[Critique Cinéma] The Last Face

Image de film the last face

Présenté en exclusivité au festival de Cannes 2016, Last Face a fait l’unanimité des critiques qui ont pris un malin plaisir à le descendre en flèche. A tel point que nous étions en droit de nous questionner sur le possible refus de distribution sur le territoire Français. A tort manifestement !

Les grands noms du casting ayant fini par convaincre Mars Film de projeter le long métrage chez nous, juste après les joyeusetés de Noël… de quoi placer un film sur la terreur du conflit en Centre Afrique entre le foie gras et la dinde aux marrons. Un choix presque aussi fin que le long métrage.

Image de film the last face

 

Last Dance

Nouveau pavé dénonciateur de notre bon Sean Penn, Last Face fait donc le pari risqué de mettre en parallèle le conflit au Libéria et l’histoire d’amour de Miguel, un médecin humanitaire et Wren, la directrice d’une ONG. D’autant plus que la structure narrative du film est basée sur l’impact factuel et métaphorique de leurs missions humanitaire, directement sur leur vie de couple.

L’intention n’est pas dépourvue d’originalité et d’ambition. Seulement, un tel pari nécessitait une finesse absolue pour éviter de tomber dans l’écueil qu’il dénonce : l’hypocrisie occidentale.
Et de finesse, le film en est globalement dépourvu. Malgré des intentions louables de filmer le conflit sans concession, offrant même les plus belles séquences du film, et même si le spectateur français sera amené à remettre en question son mode de vie privilégié face à un monde en décadence totale, la dissonance avec l’histoire d’amour au premier plan sonne faux et détruit un propos qu’on imagine pourtant bienveillant.

Image de film the last face

 

L’indécence du propos

La faute n’est pas tant au concept (la mise en parallèle amoureuse et guerrière) qu’aux manières de le mettre en œuvre. L’absence d’alchimie entre les deux acteurs principaux n’aide pas à nourrir le propos. Un défaut, non pas, dû à l’excellence des comédiens (Javier Bardem et Charlize Theron n’ayant plus rien à prouver) mais bien à une écriture naïve, lorgnant parfois vers le nanardesque dans des scènes supposées donner une bouffée d’air frais au propos lourd du film, par des interludes romantiques/mignonnes, tout juste dignes d’une vision idyllique de l’amour d’une fan de Tokyo Hotel (en l’occurrence, un brossage de dent trop XD PTDR).

Les étapes de la relation qui, comme toute comédie romantique, suivent le schéma du up-down-up, se focalisent sur ce qui apparait comme des broutilles face au contexte qu’ils affrontent (l’adultère). La mentalité de confort occidental ne se retrouve pas changée dans son fond remettant en exergue les questions importantes de la vie, mais uniquement dans sa forme c’est-à-dire le décor dans lequel ils évoluent. Last Face n’est pas si loin d’un « Coup de foudre au Libéria », clairement en dissonance avec le propos recherché.

Dénoncer l’hypocrisie occidentale attachée à son confort, là, où tout un monde crève la bouche ouverte, par l’intermédiaire d’une histoire d’amour de « confort » devient tout aussi hypocrite que l’hypocrisie dénoncée. Attendu au tournant, c’était bien là, la faute à ne pas commettre.

Image de film the last face

 

« C’est pas choper. C’est aimer » – Last Face – Jean Reno – 11 janvier 2017 – RIP

Entachés par ce défaut, on serait en droit d’espérer que les personnages secondaires (eux aussi interprétés par des d’acteurs 5 étoiles) nourrissent le propos promis du film. Penses-tu… La question de l’origine des autres humanitaires et ce qui les a amenés à s’engager dans cette partie du monde ravagée par la guerre, est à peine esquissé. Le grand Jared Harris ne semble présent que pour remplir le cadre, alors que Jean Reno incarne le stéréotype frenchie vu par les américains, à savoir : le Doctor Love (et oui, ça ne s’invente pas). Nourri de répliques tout aussi nanardesques que certaines situations romantiques (cf titre du paragraphe), il est comme ses petits camarades, dépourvu de toute profondeur, bien moins nourri que le sidekick de la comédie romantique, auquel le film se référence pourtant malgré lui.

Que reste-t-il à ressortir de Last Face ? Un cri d’alerte maladroit qui, en tombant dans l’écueil qu’il dénonce, nous confronte à notre propre vanité intimement liée à l’échec de Sean Pean de dénoncer efficacement une situation inacceptable. De par cet échec, Sean Penn nous confronte à l’absurdité de tout un système occidental ayant nourri la guerre, avant de détourner les yeux et de s’auto-déclarer défenseur des droits de l’homme.

Même si je doute grandement que la fausseté du film ait été recherchée dans ce but-là, la vanité de Sean Penn est intimement liée à la nôtre,  et si cinématographiquement on peut se plaindre de la pauvreté du résultat, humainement ça conserve une certaine valeur.

Quant à toi, très cher lecteur, ne reste pas simple spectateur, et participe activement au débat en commentant cet article et en nous faisant partager ton avis.The Last Face sera-t-il dans ton TOP250 ?

 

Ma critique sur The Last Face en 180 Secondes

 

Bande annonce de The Last Face (VF)

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1 commentaire

  1. Filmovore

    5 janvier 2017 à 18 h 24 min

    Je sais pas trop, c’est pas mon genre de film…

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