[Critique Cinéma] Les Animaux fantastiques – J’irai dormir chez les Moldus

les animaux fantastiques

SANS SPOILERS

Pour aller plus loin dans l’analyse avec les spoilers, voir la vidéo en fin d’article 😉

Les Animaux fantastiques signe le retour de l’univers d’Harry Potter au cinéma. Après avoir pleuré toutes les larmes de votre corps à la fin du dernier opus du jeune sorcier à la cicatrice en vous disant que c’était la fin, voilà que J.K. Rowling revient avec un scénario original pour le cinéma. Scénario qui semble ouvrir sur une nouvelle saga avec, pour héro, Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne).

Dans ce spin-off, découvrez des créatures de cet univers magique au travers d’un zoologue défenseur des espèces les plus menacées, le tout dans un New York des années 20. Pas facile de succéder à une saga qui a ravi des millions de petites têtes blondes… Enfin le terme exact est Potterheads. Sachant que le réalisateur aux commandes est David Yates, qui a réalisé les 4 derniers opus d’Harry Potter, cette nouvelle aventure saura-t-elle conquérir le spectateur ?

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Harry Potter sans Harry Potter, ça reste Harry Potter ?

La question que l’on peut se poser c’est si on retrouve ce que l’on aimait dans Harry Potter, ou ce que l’on n’aimait pas d’ailleurs ! La réponse s’apparenterait à un « oui et non », ça n’aide pas beaucoup comme réponse il faut bien l’avouer. Donc oui, on retrouve l’ambiance ne serait-ce que dans le thème d’ouverture accompagné d’une balade vertigineuse au travers des différentes Unes de journaux. On trouve des concepts de vie magique au sein de la société Moldu sans que personne ne s’en rende compte, mais on pourra tout de même noter le manque d’inspiration concernant les stratagèmes pour échapper à la vue des simples humains comme on le voyait dans la saga précédente.

Il semblerait que la magie qui réside dans les films adaptés des romans soit plus puissante qu’un scénario vierge de toutes choses si ce n’est d’un univers préexistant. Par chance, on ne tombe pas dans la redite et le fan-service – on notera une référence à Poudlard, Dumbledore et le collier des reliques de la mort – ce qui serait bien plus éprouvant qu’un simple manque d’idée qui s’avère n’être qu’une poussière sur l’écran. Car oui, il y a de très bonnes idées, on notera le design époustouflant à chaque découverte des créatures. Sans parler de cette valise qui ne cesse de dire à Mary Poppins qu’elle n’a rien d’extraordinaire. Petite parenthèse sur cette valise, si quelqu’un peut expliquer à quel moment Norbert refait l’échange de valise pour que Jacob Kowalski (Dan Fogler) montre ses pâtisseries au banquier, merci d’avance.

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Les effets visuels sont magnifiques, mais pas toujours parfaits, une hybridité persistante de cet univers entre l’ambiance merveilleuse, bien plus comique ici, et l’ambiance sombre, pesante. Combat éternel du Bien contre le Mal qui se traduit autant dans la narration que dans les images. La narration justement s’avère moins grandiloquente puisqu’on sent quelques moments de flottement ainsi qu’un cliffhanger et un MacGuffin facilement prémédités. Aussi, le personnage de Norbert reste finalement un Harry à sa manière, marginal accompagné de sa bande pour résoudre un problème dont il est le seul sauveur tant les autres sorciers se retrouvent sur une fausse piste. Finalement, on retrouve ce qui fait le bonheur des Potterheads avec une pointe de nouveauté, le tout étant un peu plus faible que la saga précédente, sans doute à cause de son ancrage dans le monde des Moldus, ne laissant pas s’exprimer la magie dans son entièreté.

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L’avenir est-il un long passé ?

Les Animaux fantastiques, c’est aussi une époque différente, nous sommes en 1926 à New York, ce qui en dit long sur l’Histoire, mais aussi sur notre actualité. Ici, nous sommes dans la période que l’on appelle « les années folles », l’Amérique est une grande terre d’accueil, l’émigration est fulgurante, mais les extrêmes ne sont pas pour autant absents. Nous avons une ligue anti-magie chez les Moldus, équivalent des extrêmes de l’Amérique comme le KKK mais qui peut faire écho aux régimes totalitaires qui verront le jour en Europe. Impossible de ne pas penser aux jeunesses hitlériennes dans ce film avec les enfants qui tractent la propagande de cette nouvelle inquisition.

Cette Amérique de l’accueil est aussi celle du rejet et du puritanisme ; par exemple les lois américaines des sorciers interdisent les relations avec les Moldus contrairement aux Anglais qui n’ont rien contre, bonjour madame ségrégation toujours un plaisir de vous revoir. Oui « de vous re-voir » car le film n’est pas qu’une lecture sous-jacente à nos problèmes passés mais aussi à ceux d’aujourd’hui. Il serait idiot de se dire que J.K. Rowling ne pense pas à la monté actuelle des extrêmes quand elle nous montre une Amérique au bord de la guerre civile pour des raisons de différences.

Sur un point moins politique, le film marque son ancrage en 1926 par la culture artistique. Tout d’abord, la musique. On retrouve évidemment les sonorités propres à la saga Harry Potter, mais on y trouvera aussi du jazz. Et le jazz ici, n’est pas uniquement source de référence musicale, elle est aussi cinématographique. La musique jazz dans le cinéma des années 20 c’est quoi ? C’est le slapstick, le burlesque, c’est Buster Keaton, c’est Chaplin ! Et c’est pour cette raison que le film se voit plus comique que la saga du sorcier à la cicatrice. L’humour ici est principalement burlesque, la malice des corps qui s’entrechoquent et se tordent, si bien que les personnages peuvent avoir un jeu souvent histrionique.

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Pour résumer :

Les Animaux fantastiques est le premier opus d’une nouvelle saga de l’univers d’Harry Potter qui fait ses preuves si bien qu’il entre dans le top 15 des meilleurs démarrages au box-office français. On y retrouvera ce qui a fait la gloire de son prédécesseur tout en y ajoutant une nouvelle touche, une fraicheur qu’on doit notamment à un humour bien dosé et à son ancrage dans une époque lointaine. Un film qui cultive, comme ses prédécesseurs, une hybridité entre amusement et danger tout en apportant sa touche personnelle en tant que spin-off voulant s’affranchir d’une saga culte.

Et pour vous, ce spin-off est à la hauteur ou êtes-vous déjà reparti sur un marathon Harry Potter pour noyer votre déception ? A vos baguettes ! Ou plutôt à vos claviers, ce sera plus simple !

 

Ma critique des animaux fantastiques, avec Spoiler

Bande annonce (VF) des Animaux Fantastiques

 

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1 commentaire

  1. Ben

    2 décembre 2016 à 1 h 09 min

    Génial ! Cet univers me manquait tellement, c’est un vrai bonheur 🙂

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