[Critique ciné] Ben-Hur

Film Ben Hur 2016 - Morgan Freeman

Comme les rois mages, en Galilée, cherchez des yeux l’inspiration cinématographique … Jte copierais, où tu iras j’irai, fidèle comme une ombre…

Ai-je vraiment besoin de vous faire le synopsis d’un récit déjà adapté 6 fois au cinéma ? Bon, allez, c’est bien parce que c’est vous. Aux alentours de l’an 30, l’empire Romain resserre sa griffe sur Jérusalem, où Judah Ben-Hur, prince, local est accusé à tort de trahison par son frère adoptif Melessa (que je vous ai dit ça, ou Melissa me tue). Condamné à l’esclavage, celui-ci va finalement échapper à ses geôliers et venir chercher vengeance, le tout nourri pas un dessein divin.

Film Ben Hur 2016

 

Je vous ai pas raconté ?

Comme le laisse présager mon introduction, le problème initial de Ben-Hur (qui sera rejoint par plein de petits frères « problèmes »), c’est son manque total de nouveauté. En plus d’être une histoire déjà 6 fois adaptée, Ben-Hur est une fiction s’étant nourrie d’anciens récits (comme l’exode) et ayant inspiré d’autres films (Gladiator). Que vous ayez-vu d’anciennes adaptations du film ou non, vous en ressortirez donc avec l’impression d’avoir entendu une énième fois la même histoire.

Et pour cause, cette nouvelle adaptation ne prend aucun parti pris pour marquer sa différence, et nous raconte la même narration de la même façon, sans même l’adapter à l’époque.

Et comme tout récit, celui-ci a vieilli. Les fils narratifs sont grossiers, les situations stéréotypées, et les personnages manquent de structure pour créer de l’empathie.

Film Ben Hur 2016

 

Beni oui oui

Ben-Hur mêle tous les « défauts » de l’ancien, mêlés aux « défauts » des films d’action de bas étages. Vous assisterez donc à un Judah vengeur au jeu emprunté à Sylvester Stallone intégrant des facilités narratives sur le thème de la vengeance et du pardon qui font passer les films de Jean Claude Van Damme pour des pamphlets intellectuels, ou encore des galoches à l’américaine nous faisant regretter la finesse d’une main frottant le blé d’un « Gladiator ».

Ben-Hur a tout du Direct-to-dvd s’étant perdu dans nos salles obscures au grand damne de ses spectateurs.

Si vous vous y risquez, ayez une pensée émue pour moi sur le plan de fin, hommage à Royal Canin, où nos deux héros oublient par magie (divine) leurs différences pour se promener à cheval dans les champs, en rigolant, avant d’être rejoints par un titre R’n’B d’une chanteuse probablement sortie d’une télé-réalité. Que voulez-vous, tout le monde n’est pas Hans Zimmer.

Film Ben Hur 2016

 

Jésus II, le retour !

La manière de traiter le propos me semble, en plus, désuet, tant il est empreint d’un patriotisme religieux dépassé. Jugez plutôt, le film nous vend les vérités immuables de l’égalité entre les hommes, et de l’amour de son prochain (et je suis toujours d’accord pour défendre ces idéologies humanistes communes à TOUTES les religions) mais finit son propos en concluant par un miracle de Jésus. Comme quoi, nous sommes tous égaux, mais en termes de croyance, les adeptes du Christ ont quand même plus raison.

Que reste-t-il à sauver de ce naufrage ? Pas grand-chose, si ce n’est peut-être la qualité des effets visuels et une 3D passable offrant une seule scène avec un réel parti pris de réalisation nous permettant d’expérimenter le conflit maritime, des yeux d’un esclave, coincé dans la cale, contraint à ramer.

Une fulgurance bien maigre au regard du manque d’inspiration global dont le film fait preuve. Passez votre chemin, il n’y a rien à voir.

 

Ma critique vidéo sur Ben-Hur en 180 Sec

 

Bande Annonce VF de Ben-Hur

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Wen.
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