Les courts métrages méconnus des plus grands réalisateurs

Les courts métrages des grands réalisateurs

Le court métrage est la première forme cinématographique à avoir existé. Tout d’abord sous forme de « prise de vue », elle a ensuite vu son format évoluer durant le cinéma des premiers temps.

Ce qu’on observe souvent dans les premiers courts métrages des cinéastes confirmés, c’est qu’ils traduisent tout ce qui constituera leur œuvre au fil des décennies. On peut y voir les obsessions du réalisateur, son style de mise en scène, les thèmes récurrents qu’il aborde, autant d’éléments que l’on va pouvoir découvrir chez certains cinéastes et dans leurs courts métrages présentés ci-dessous.

 


1. Courts métrages du réalisateur Alexandre Astier

Photo de Alexandre Astier

Alors je me dois de vous donner son CV, entre enchanteurs c’est comme ça qu’on fait.

Alexandre ! Créateur de la célèbre série Kaamelott (2005), du spectacle Que ma joie demeure (2012) et de L’Exoconférence (2014), Co-réalisateur du film d’animation Astérix: Le Domaine des dieux (2014) ! Oui bah c’est bon, c’est bon, vous avez raison ça va prendre des plombes.

Plus d’infos sur Alexandre Astier

Dies Irae (2003)

Avant Kaamelott, il faut savoir qu’il y a eu un court métrage, Dies Irae, génèse de la série qui a permis à Astier, par le biais d’Yvan le Bolloc’h et de la société de production CALT, de signer un contrat avec M6 pour un format court autour de la table ronde et qui remplacera Caméra Café (2001).

Dans ce court métrage, connu des plus grands fans, nous retrouvons Arthur et ses chevaliers discutant autour de la table ronde. Enfin… Discuter… quand on connaît les personnages, on sait d’avance que ça va mal tourner.

N’ayant pas le court métrage à vous proposer car difficile à trouver en ligne, voici un GIF 😉

court metrage de KAAMELOTT

 

Soyons Sport (2001)

Soyons sport, en revanche, est un court métrage beaucoup plus méconnu ; Alexandre Astier a écrit ce petit film mais il a été réalisé par Olivier Leyronnas. Il raconte les péripéties de Francis (Alexandre Astier) faisant du jogging dans un parc avec sa femme Sylvianne (Virginie Mouchtouris). Il rencontrera un jardinier, incarné par Franck Pitiot, qui le rendra complètement fou.

Ce court métrage montre clairement le talent d’écriture d’Astier, que ce soit les dialogues, le rythme, l’absurdité des personnages, tout ce que vous aimez du réalisateur se retrouve ici, le côté loufoque et surréaliste en plus, pour des raisons que je ne révèlerai pas. Si vous voulez voir ce que le duo Astier/Pitiot donnait avant Kaamelott, il faut le voir malgré de petits faux raccords que vous ne remarquerez peut-être même pas.

 


2. Court métrage du réalisateur James Cameron

Photo de James Cameron

Xenogenesis (1978)

Premier film de James Cameron, l’histoire raconte comment deux explorateurs spatiaux vont être confrontés à un robot nettoyeur géant qu’il faudra détruire dans un immense vaisseau. Ce court métrage pause une majeur partie des bases du cinéma de Cameron, s’il y a une pierre angulaire pour l’œuvre du réalisateur, c’est celle-ci !

D’ailleurs, lorsqu’on accusera Cameron de plagiat pour Avatar (2009), il se défendra en citant Xenogenesis comme prémice à son film sur le pays des petits êtres bleus, où tout est merveilleux. Et puis, pour continuer sur le rapport avec Avatar, le concept d’exosquelette est abordé avec une machine que l’on retrouve sur Pandora mais aussi dans Aliens (1986).

En parlant d’exosquelette, vous y verrez une autre alternative, celle du cyborg, et là, nul doute que James Cameron n’a pas eu l’idée de Terminator (1984) (2) uniquement à partir d’un rêve. Notons aussi que le robot à détruire ressemble étrangement au HK-Tank visible dans la plupart des films de la saga. James Cameron, on le sait tous, sait repousser la technologie au maximum pour servir le cinéma, son obsession c’est d’aller au-delà des limites des effets spéciaux. Et malgré certaines longueurs durant le visionnage, si vous voulez comprendre tout ce qui fait le cinéma de James Cameron, Xenogenesis est un très bon départ qu’il ne faut surtout pas oublier !

Plus d’infos sur James Cameron

 


3. Courts métrages du réalisateur Tim Burton

Photo de tim burton

Burton, avant son premier long métrage, Pee Wee’s Big Adventure (1985) (1), a réalisé des courts métrages dont Vincent et Frankenweenie. Ceci ne sera pas une découverte pour tout le monde, on dira que ce sera le petit Captain Obvious de cet article !

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Vincent (1982)

Vincent, c’est le premier film en stop-motion de notre réalisateur, connu pour ses films sombres et excentriques. L’histoire raconte comment un petit garçon s’invente un monde imaginaire drôle et morbide pour combler l’ennui et s’évader de sa ville ensoleillée qu’il trouve sans intérêt. Autant vous dire que le petit garçon n’est nul autre que Tim Burton enfant. À cet âge, Tim était déjà un introverti et vivait sous le soleil de la Californie. N’aimant pas vraiment cela, il a passé beaucoup de temps à créer des mondes qu’il a fini par nous offrir sur grand écran.

Par ailleurs, ce film court est raconté par Vincent Price, qui jouera par la suite le créateur d’Edward (Johnny Depp) dans Edward aux mains d’argents (1990). En sachant cela, vous vous doutez que le voir en version originale est plus que conseillé ! Bref, un court métrage d’animation fabuleux qui posera de nombreuses bases du cinéma Burtonien.

Frankenweenie (1984)

Maintenant, parlons un peu de Frankenweenie, un court métrage qui a du chien ! (Blague pitoyable, début d’année difficile, on ne se le cache pas…). Ce nom vous dit certainement quelque chose puisqu’il a donné vie en 2012 à un long métrage d’animation produit par Disney, tout comme sa version courte.

Ce court métrage raconte l’histoire d’un enfant et de son chien qu’il ramènera à la vie. Ce film, autour d’un docteur Frankenstein en herbe, évoque évidemment les films Universal Monsters produit par le studio Universal à partir des années 20 jusqu’aux années 60. Franchise qui fait son retour avec une remise à zéro orchestrée par Dracula Untold (2014) mais qui ne fera pas partie du canon. Canon qui débutera avec la sortie de La Momie en 2017. Dans cette aventure, le garçon et son chien seront des prétextes pour renverser le statu quo de la belle banlieue américaine, modèle du rêve américain que Burton adore malmener.

En effet, il réitérera l’introduction d’un élément fantastique au sein d’une banlieue respirant la perfection et les faux semblants par la suite. Vous voyez de quoi je parle ? Edward aux mains d’argents bien sûr ! Un court métrage pour les grands et les petits, et dont le noir et blanc ne doit surtout pas être un obstacle !

Par ailleurs, au-delà des ces deux films courts assez connus, Tim Burton a aussi réalisé d’autres petits films : Stalk of the Celery Monster et Doctor of Doom.

 


4. Court métrage du réalisateur Zack Snyder

Photo de Zack Snyder

Superman 75th Anniversary Animated Short (2013)

Loin d’être un premier court métrage, ce petit film fête le 75ème anniversaire de l’homme d’acier, et pour ça, quoi de mieux que de demander à deux experts de la réalisation pour DC Comics, Zack Snyder et Bruce Timm, pour relater l’historique du Kryptonien de Métropolis.

Zack Snyder avant ce petit film d’animation, c’est de l’adaptation de comics et de super-héros comme 300 (2007), Watchmen (2009), Man of Steel (3) la même année, et deux ans plus tard, Batman V Superman (2015) (4). Dans ce film, vous pourrez voir comment Superman a traversé les âges, du premier Action Comics, en passant par Richard Donner, pour arriver à Man of Steel, sans oublier les moments incontournables comme son affrontement contre Doomsday ! Tout cela sur le thème magistral de John Williams qui ne peut que vous faire frissonner, un petit bijou d’animation qui mêle la 2D de la bande dessinée à la profondeur de champ. Un historique de Superman sur tous supports confondus donc, mais aussi une évolution de son animation à la télévision. De quoi replonger dans la série de Max Fleisher de 1941 et bien évidemment Superman : L’Ange de Metropolis (1996).

Plus d’infos sur Zack Snyder

A voir aussi : « Batman: Strange Days » – Bruce Timm’s Batman 75th Anniversary

 


5. Court métrage du réalisateur Christopher Nolan

Photo de Christopher Nolan

Christopher Nolan, vous le connaissez tous, c’est la trilogie sur Batman, c’est Dunkerque (2017) dans quelques mois. Pour ce court métrage, je ne vous donne pas l’intrigue car là est tout le génie de ce court métrage à double twist ! On sait déjà que le talent de Nolan, c’est avant tout l’écriture, sa mise en scène reste académique dans l’ensemble, et en voyant Doodlebug, on peut penser à une méthode d’écriture récurrente chez le cinéaste. Ce film court sera dans le flou, dans le brouillard d’Insomania (2002), afin de créer la grande surprise sur le final tout comme Le Prestige (2006), film autour de la magie.

D’ailleurs, ne dit-on pas « magie, magie et vos idées ont du génie » ? Un peu d’humour derrière votre écran, pourquoi cet air si sérieux ?! Aussi je parlais de mise en scène académique mais elle sert à cette narration du mystère, du suspens instauré dans une temporalité génialement orchestrée par la gestion du rythme du montage, 3 minutes qui vous tiennent en haleine !

Plus d’infos sur Christopher Nolan

Doodlebug (1997)

 


6. Court métrage de Chris Marker

Photo de Chris Marker

Pour certains, je vous vois arriver « Mais qui c’est ça celui là, John Kennedy ? »… Oups ! Au temps pour moi, vous vous demandez plus certainement qui est Chris Marker. Je vais éviter de vous faire l’historique de ce grand réalisateur français puisqu’il a opéré des années 50 jusqu’à sa mort en 2012. Un grand Monsieur à qui l’on doit Sans Soleil (1983), Lettre de Sibérie (1957) ou encore des documentaires comme Les Statues meurent aussi (1953) et Nuit et brouillard (1955).

Nuit et brouillard, ce nom vous évoque quelque chose ? Il est possible qu’on vous l’ait diffusé au collège ou au lycée puisque ce documentaire est l’un des meilleurs à dénoncer les atrocités de la Shoah, ou alors votre professeur n’a pas voulu vous traumatiser et vous a fait regarder La Vie est belle (1998).

Chris Marker a réalisé de nombreux courts métrages, alors pourquoi choisir La Jetée et pas un autre ? Si je vous dis L’Armée des douze singes (1995), toujours pas ? Et bien ce film est un remake de ce court métrage des années 60, ou plutôt photo-roman comme il est stipulé au générique. Alors la légende veut que Terry Gilliam ne sache pas que La Jetée existait au moment où il a écrit son film. Pour ma part, je pense plutôt qu’inconsciemment, il a vu le film sans s’en rappeler et que des années plus tard, le souvenir lui est revenu en pensant que c’était une idée de sa propre personne.

La Jetée raconte comment un homme du futur revient dans le passé avant la troisième guerre mondiale pour ouvrir un portail temporel afin de transporter des vivres, des médicaments et des sources d’énergie du passé. Après ça, qu’on ne vienne pas me dire qu’en France on ne sait pas faire de science-fiction… Ce film, c’est vraiment un cadeau ; Chris Marker nous livre l’une des plus belles œuvres du cinéma. Nous sommes dans une forme cinématographique assez rare à base de photographies. Pourquoi cette forme me direz-vous ? Et bien, au-delà de l’étiquette « science-fiction », c’est un film sur la mémoire, et ça, c’est quelque chose qui obsède le réalisateur, la mémoire reviendra souvent dans ses films comme dans Sans Soleil par exemple. Comment mettre en scène le souvenir ? Comment rendre la mémoire au spectateur ? Comment créer un faux souvenir au spectateur ? Plein de questions qu’on ne pourrait pas développer, ici, en quelques lignes seulement tant il y a à dire. La Jetée, c’est une histoire passionnante de science-fiction, c’est une romance, c’est un film sur la mémoire, c’est un dénouement à couper le souffle, bref… C’est un film qu’il faut avoir vu au moins une fois pour rester gravé dans vos mémoires !

Plus d’infos sur Chris Marker

La Jetée (1962)

 


Avec ces quelques exemples, on peut observer que le court métrage renferme bien des surprises, qu’il peut en dire bien plus en quelques minutes, qu’un long métrage de deux heures. Parfois, un réalisateur fait un court métrage car il a une esthétique originale, alors on lui commande un petit film pour une marque de prêt à porter ou une marque de luxe. Ici, on s’est surtout intéressé à des courts métrages qui en disent beaucoup sur les réalisateurs, leurs obsessions sont tellement visibles que j’espère avoir convaincu certaines personnes réticentes à regarder plus souvent les courts métrages de grands réalisateurs, et notamment, de réalisateurs moins connus, évidemment !

Et vous, quels sont les courts métrages qui vous ont marqué parmi ceux présentés ici mais aussi les milliers que je n’ai pas cité ?

top250


(1) Voir ma critique vidéo du troisième film, Pee Wee’s Big Holiday
(2) Voir ma critique vidéo de Terminator Genisys
(3) Voir ma critique vidéo de Man of Steel
(4) Voir ma critique vidéo de Batman V Superman

 

A voir aussi ce super article sur la question qui divise les peuples depuis la nuit des temps :

[Dossier] Films et séries : VF ou VOSTFR, entre trahison et nécessité

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