Adieu au langage de Jean-Luc Godard : Adieu à Godard !

Avant de commencer cet article, je tiens à préciser que je n’ai pas vu tout Godard. Assez peu en fait. A Bout de souffle, Le Mépris, Sauve qui peut (La Vie), et Pierrot le Fou. Mais n’empêche. Quoique vous en disiez, Godard a révolutionné le cinéma, à l’époque. Je cite Phil Alden Robinson (je ne sais pas qui c’est) depuis la page Wikipédia de Godard : « [Il] a changé la façon d’écrire, de réaliser, de tourner et de monter. Il n’a pas seulement bouleversé les règles. Il les a écrasées en voiture avant de repasser dessus en marche arrière pour être sûr qu’elles soient bien mortes. ».
Et pour ceux qui ne sont pas convaincus, Tarantino a nommé sa société de production A Band Apart, en hommage au film de Godard Bande à Part. Voilà.

« Une histoire compliquée »

Adieu au langage raconte une histoire d’amour désillusionnée. Si vous êtes familiers de Godard, ça ne vous étonnera pas. C’est tout ce que je peux vous dire sur ce film, parce que en vrai, j’ai rien compris à l’histoire. C’est un peu dommage, ça rebute le spectateur, mais Godard s’en fiche, du spectateur. Il y a toujours ce même ton, ce même désespoir qu’on lui connait. L’inspiration américaine se fait toujours sentir. (Non, pas américain de maintenant, américain des années 50.)
Mais Godard vieillit et ça se voit. Godard est un vieux monsieur qui vit tout seul avec son chien (qui joue d’ailleurs un des rôles principaux du film). Comme les vieilles personnes qui prennent le temps d’attendre et de réfléchir sur leur propre merde. Et de réfléchir à l’importance des animaux. Ça devient plus hermétique, si on n’a pas la sagesse qui va avec.

Leone a dit : « Godard ne fait pas du cinéma, il se sert du cinéma pour faire de la peinture. Des fois ça donne des chefs d’œuvre comme Pierrot le Fou. ». Bon, je ne suis pas certain que ce soit vraiment de la peinture, mais il a raison sur le fait que ce ne soit pas du cinéma, du moins pas classique (et c’est pas peu dire.) Depuis ses débuts, Godard utilise le montage pour bouleverser le cinéma. Et c’est allé en empirant, vous imaginez. Il colle des bouts de vidéos, utilise des petites caméras, joue avec la musique et les sons, et oui c’est perturbant. C’est très très brechtien tout ça. Mais vous pourrez dégager de cela une certaine poésie, qu’a sans doute relevé le jury du Festival de Cannes.
Ah oui et aussi, Godard cite, cite et cite, et si t’as pas la citation, ça sert à rien.

Ne fuyez pas ! C’est un film en 3D !

Ah, voilà l’une des raisons qui m’ont fait aller dans cette salle. Godard avait déjà réalisé un moyen en 3D avec ses compères Edgar Pera et Peter Greenaway (que j’aime aussi beaucoup). La nouvelle technologie (pas si nouvelle que ça, c’est juste que là les commerciaux ont réussi à le vendre) qui se fourre dans tout bon film grand public qui se respecte (hollywoodien aussi) est tellement inutile, mais si Godard réussit à la réinventer, ça peut être pas mal !
Et en effet, vous ne verrez jamais la 3D comme ça (ou alors d’autres films d’art et d’essai l’ont utilisé et je ne les ai pas vu, désolé). L’effet de relief est utilisé tout le temps. C’est plus immersif que dans d’autres films ou c’est juste au moment où le dragon approche sa tête pour te faire une petite frayeur pendant que tu bouffes tes pop-corn. Un plan notamment, génial, où Godard invente « l’horizontalité de champ ».
Toutefois, en ayant vu ce film, je suis maintenant persuadé que la 3D est destiné à l’abandon, puisqu’il n’y a pas d’intérêt cinématographique.

Alors, aller voir ce film ou pas ? Oui, et en 3D, pour se faire son propre avis. Je tiens à préciser que y’a plus de meuf à poil que dans Game of Thrones.
Je suis également convaincu, que si vous êtes comme moi, vous serez largué. Il faut accepter de ne pas comprendre, de ne pas avoir les connaissances. Un film n’est pas son scénario. Allez-y, par curiosité, ça ne dure qu’une heure vingt.
En sortant de la salle, j’ai suivi un couple de vieux qui étaient avec moi, et j’ai écouté leur conversation. Ils parlaient de l’avenir, de l’Europe et d’Heidegger.

Verdict : Film moyen

> Détail du film Adieu au langage sur Top 250

Jack (rédacteur)
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